« Nous sommes positifs sur les marchés actions »

le 07/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Rachid Medjaoui, directeur de la gestion tactique de l’allocation d’actifs de La Banque Postale AM

L’Agefi : Pourquoi avez-vous abaissé vos objectifs à six mois sur les indices actions ?

Rachid Medjaoui : Nous ne croyons pas à un scénario de rechute de la croissance qui serait provoquée par une nouvelle crise bancaire et financière et/ou un atterrissage en catastrophe des économies émergentes. Le plan de sauvetage de la zone euro est une étape cruciale. Pour autant, il manque encore des avancées qui rassurent les investisseurs sur la capacité des Etats de la zone euro à aller vers plus de fédéralisme budgétaire. Une position commune franco-allemande sur des objectifs ambitieux pourrait être le catalyseur d'un moindre pessimisme sur l’avenir de l’Union économique et monétaire. Dans ces conditions, si les variables de profits et de taux d’intérêt demeurent très favorables aux marchés, le facteur prime de risque a été logiquement remonté. Nous sommes donc positifs sur les marchés actions (entre 20 et 25% à 6 mois) mais étalons un peu plus dans le temps nos attentes de performances.

Le CAC 40 pourrait-il retomber prochainement sous les 3.000 points ?

Cette probabilité nous semble relativement faible en raison notamment des niveaux très déprimés des indicateurs de sentiment et d’aversion pour le risque. Les marchés devraient donc dorénavant mieux encaisser les périodes de doute sur les enjeux actuels tels que l’avenir de la zone euro et la capacité des émergents à éviter la surchauffe sans trop pénaliser leur croissance. Bien entendu ce pronostic ne vaut que si notre hypothèse que la crise des souverains ne dégénère pas en crise systémique se vérifie. Au total, nous privilégions une sortie par le haut tout en reconnaissant cependant qu’un tel décrochage, s’il se produit, risque d’être plus marqué et surtout durable.

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