Nous sommes conscients que les bénéfices des pétrolières vont souffrir en 2009

le 23/03/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Claire Chaves d’Oliveira, gérante actions européennes chez Groupama AM

L’Agefi: Pourquoi êtes-vous revenus en force sur l’énergie ?

Claire Chaves d’Oliveira: Notre portefeuille conserve un profil défensif tout comme notre allocation sectorielle. Nous recherchons les secteurs aux bilans solides, aux cash-flows récurrents, aux dividendes assurés. Tout comme la santé et les télécommunications (sur lesquelles néanmoins nous sommes tactiquement revenus à la neutralité), le secteur énergétique répond à ces critères, du moins les grandes compagnies intégrées que nous privilégions. Nous sommes néanmoins conscients que les bénéfices du secteur vont souffrir en 2009 comparés à une année 2008 excellente.

Allez-vous continuer à vous alléger sur les financières ?

Nous sommes très absents du secteur depuis le début de la crise dès juillet 2007, et si nous n’allégeons plus ce secteur (qui demeure représenté par quelques rares acteurs prudents du monde de la banque de détail et de l’assurance), nous n’avons pas prévu de le renforcer à nouveau. Alors que les incertitudes liées aux valeurs d’actifs persistent, le secteur bancaire est confronté à un coût du risque grandissant sur son portefeuille de prêts. Même pour les meilleurs élèves de la classe, le retour sur capitaux propres va devenir insuffisant, surtout si on le compare à un coût du capital ne cessant de se renchérir. En caricaturant un peu, on pourrait dire que la finance d’aujourd’hui ressemble à la sidérurgie d’il y atrente ans: surcapacités, coût du capital élevé et produits inadaptés…

A lire aussi