Nous ne sommes probablement plus très éloignés du point bas de l'euro contre dollar

le 20/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sylvain Broyer, économiste chez Natixis

L'Agefi : le dollar préservera-t-il son statut de valeur refuge ces six prochains mois au détriment de l’euro ? 

Sylvain Broyer : Je ne qualifierai pas le dollar de valeur refuge, alors que le déficit courant avoisine toujours 5 % du PIB. Rien à voir avec les excédents chroniques du franc suisse (2 % du PIB) ! La dépréciation de l’euro au premier trimestre 2009 s’explique par les sorties de capitaux des émergents et le rattrapage cyclique de la zone euro sur les Etats-Unis. Ces deux mouvements sont achevés. Depuis, le dollar a souffert de la politique quantitative de la Fed. La BCE sera moins hardie en ce point. Elle ne prendra pas fermement de dette publique à son bilan. Les investisseurs se convainquent peu à peu d’avoir surestimé les risques sur certaines dettes de la périphérie européenne. Nous ne sommes donc probablement plus très éloignés du point bas contre dollar (1,29 d’ici juin). Les fondamentaux suggèrent une appréciation vers 1,45 à horizon douze mois.

Quelle orientation donnez vous au dollar/yen à court terme dans le contexte actuel de forte volatilité ?

La devise japonaise a été prise dans un mouvement d’appréciation incontrôlé de mi-2007 à fin 2008. Lié au débouclage des positions spéculatives, les autorités ne pouvaient pas freiner ce mouvement, ni par la politique de taux (déjà à zéro), ni par des contrôles de capitaux. La Banque nationale suisse, qui est dans un cas similaire, a utilisé les grands moyens, en vendant du franc. La Banque du Japon n’en a pas eu besoin. Depuis le début de l’année, les fondamentaux économiques se dégradent plus au Japon que dans les autres pays du G7 et le yen a abandonné 11 % contre dollar. Cette tendance va perdurer. Nous attendons le yen vers 104 à six mois.

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