Nous continuons de considérer le yen comme la meilleure devise défensive

le 27/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Valérie Perez, responsable du change en France chez Deutsche Bank

L'Agefi : quels sont les facteurs actuels défavorables à l’euro ?

Valérie Perez: La quasi-totalité des membres de la BCE ont, depuis la dernière réunion, laissé entrevoir une poursuite de la baisse des taux, certes de façon mesurée. Plus récemment, certains d’entre eux ont fait comprendre que la réunion de mai clarifiera leur position quant à l’utilisation de mesures « non conventionnelles ». Rappelons que l’annonce de l’utilisation de telles mesures de la part de la Fed, de la Banque nationale suisse et de la Banque d'Angleterre avait fait violemment chuter le dollar, le franc suisse et la livre. L’euro est aussi pénalisé par l’attente des résultats des « stress tests » des banques américaines, attente qui favorise des achats de dollars comme valeur refuge. Enfin, les anticipations selon lesquelles la zone euro sortira plus tard de la récession que la zone américaine, continuent de peser sur la monnaie unique.

Quelle orientation à court terme donnez vous au dollar/yen vu l’état de dégradation des fondamentaux économiques du Japon ?

Le yen a été la devise la plus performante la semaine passée, et nous continuons de considérer la devise japonaise comme la meilleure devise défensive dans l’environnement actuel d’aversion pour le risque. La récente détérioration rapide de la balance des paiements semble en passe de s’achever. Par ailleurs, après avoir vu les Etats-Unis rapatrier massivement des capitaux dès juillet 2008 et les Européens en faire autant à partir de septembre 2008, il semblerait que ce soit aujourd’hui aux Japonais d’entrer dans un cycle de rapatriements. Par conséquent, nous restons haussiers sur le yen et suivrons avec beaucoup d’attention les statistiques de flux de capitaux afin de confirmer que ce thème reste dominant.

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