« Nous avons désormais une surpondération tactique en actions »

le 12/07/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Yves Dumont, responsable de la stratégie d’allocation d’actifs chez Dexia AM

L’Agefi: Pourquoi maintenez-vous une sous-pondération du compartiment obligataire?

Jean-Yves Dumont: On ne gère pas un budget en prévoyant que l’on va dépenser 3% de plus que ce que l’on gagne. C’est pourtant ce que les Etats européens font depuis des années. Aujourd’hui, les «bonds vigilantes» sont de retour et exigent plus de discipline budgétaire. Les dirigeants politiques ont réagi et pris des mesures importantes. D’autres devront être prises pour relever le niveau de compétitivité de la zone. Tout cela va prendre du temps. C’est pourquoi nous continuons à sous-pondérer les obligations gouvernementales européennes. En revanche, d’autres segments de la poche obligataire restent attractifs. Les obligations des pays émergents et les obligations d’entreprises continuent d’offrir de bonnes opportunités.

La faiblesse de la croissance en Europe peut-elle peser sur les marchés actions ?

Les mesures d’austérité auront un effet négatif sur la croissance européenne et mondiale. Un impact plus important à craindre est celui du choc de confiance. En effet, le marché s’inquiète de l’impact indirect que pourraient avoir ces mesures. Primo, les consommateurs seraient incités à freiner leurs dépenses. Secundo, les entreprises pourraient anticiper une croissance plus faible et modérer leurs investissements. Si cela devait se produire, les deux relais de croissance habituellement observés à ce stade du cycle pourraient ne pas jouer leur rôle et cela provoquerait un retour de la récession. Ce n’est pas notre scénario. Nous croyons que le marché est allé trop loin dans son anticipation de récession. C’est pourquoi, tactiquement, nous avons désormais une position surpondérée en actions.

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