Notre scénario est que la BCE n’ira pas en dessous de 1 %

le 14/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Hélène Baudchon, économiste chez Crédit Agricole SA

L’Agefi : La BCE baissera-t-elle ses taux en dessous de 1 % pour soutenir le marché avant d’envisager un assouplissement quantitatif ?

Hélène Baudchon : Notre scénario est que la BCE n’ira pas en dessous de 1 %. Nous tablons sur une baisse du taux refi de 25 points de base le 7 mai prochain et un maintien du taux de dépôt à 0,25 %. L’option privilégiée par la BCE est de pousser le plus loin possible l’assouplissement conventionnel et sa politique non standard de gestion de la liquidité interbancaire. La nécessité d’un assouplissement quantitatif « à l’anglo-saxonne » ne saute pas aux yeux. La BCE rendra néanmoins ses conclusions en mai. Une extension des mesures existantes est fort probable. Un allongement de la liste des collatéraux éligibles est imaginable. Le recours au credit easing et/ou au quantitative easing est incertain. 

Les assouplissements quantitatifs entamés par la Fed et la Banque d’Angleterre suffiront-ils à restaurer la confiance du système financier ? 

C’est une condition nécessaire. Ces mesures font partie d’un ensemble d’actions visant à soutenir l’activité, le système financier et le marché immobilier, l’efficacité de chacune renforçant celle des autres. Le credit easing consiste à offrir de la liquidité et du financement là où ils font défaut. Les achats de titres publics ou semi-publics visent, entre autres, à réduire l’aversion au risque en rendant moins attractifs les titres sans risque, par rapport à ceux plus risqués et donc plus rentables. La contribution à la restauration de la confiance est incontestable mais indirecte. Le problème de la solvabilité des banques, de l’érosion de leurs fonds propres et de leurs actifs n’est pas traité. D’où l’action complémentaire des Trésors.

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