Le non-coté tente des sorties en Bourse

le 16/11/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les dossiers d'IPO de sociétés en portefeuille se multiplient. Mais les investisseurs restent sélectifs

Sur le front des introductions en Bourse, l’heure est à la reprise. Les acteurs de capital investissement sont notamment décidés à tirer parti du rebond des marchés actions pour céder quelques participations, après deux ans de gel. En octobre et novembre, 19 sociétés détenues par des fonds ont ainsi fait leur entrée sur la cote pour un montant de 4,5 milliards d’euros, ce qui marque un net redémarrage par rapport au premier semestre 2009, selon Dealogic. Mais l’accueil réservé à ces opérations incite à la prudence.

Les fonds de private equity ont aujourd’hui tout intérêt à vanter les mérites d’une IPO. L’actualité du secteur a été rythmée par les restructurations, avec parfois des pertes nettes sur certaines lignes en portefeuille. Les investisseurs dans les fonds ont besoin de sentir qu’ils pourront récupérer leur mise. D’où les introductions en Bourse que les sociétés de gestion font miroiter à brève échéance.

Plusieurs dossiers sont sur la table, comme la plate-forme de réservation Amadeus, aux mains de BC Partners et Cinven. BC Partners fourmille d’ailleurs de projets: Medica, dossier sur lequel travaillent BNP Paribas, Credit Suisse et RBS, ou encore les surgelés Picard. Outre-Rhin, on parle du dossier Brenntag, et une IPO était également évoquée pour le câblo-opérateur Unitymedia, finalement cédé vendredi à un industriel. Blackstone a aussi annoncé plusieurs sorties.

Il reste que les investisseurs font preuve de circonspection. Jeudi, le distributeur américain Dollar General, racheté par KKR en juillet 2007, s’est introduit sur Nyse Euronext à 21 dollars, soit dans le bas de la fourchette de 21 à 23 dollars qui était proposée. Les gérants n’avaient aucune raison de faire de cadeau au fonds, puisque même à ce prix, la société se paie avec une prime de 77% par rapport au numéro un du secteur, Wal-Mart. Le cours a tout de même bondi à l’ouverture.

D’autres dossiers ont été tout bonnement reportés. Cela a été le cas, fin octobre, d’AEI, l’ancienne division internationale d’Enron, détenue par le fonds Ashmore. Les chefs de file de l’opération ont renoncé à l’IPO, faute d’intérêt sur le marché. Le fonds immobilier américain Aviv Reit a aussi dû battre en retraite.

Comme l’indiquait Xavier Larnaudie, managing director chez Calyon, dans L’Agefi du 8 octobre, «les fonds de private equity ont beaucoup de dossiers à placer», mais «les investisseurs seront très regardants sur ces dossiers».

Les sociétés sous LBO sont souvent synonymes d’endettement élevé. Le faible intérêt suscité par AEI s’explique en partie par la dette de 2,9 milliards de dollars qui leste le groupe. Le prix de revient des participations acquises en 2006 et 2007, juste avant l’éclatement de la bulle, ainsi que le niveau actuel des marchés, peuvent aussi rendre les investisseurs méfiants sur les fourchettes de valorisation proposées. D’autant que la moitié des sociétés ayant fait l’objet d’une IPO depuis septembre évoluent sous leur prix d’introduction.

Les préventions des investisseurs ne se limitent d’ailleurs pas aux seules participations du private equity. Début novembre, l’assureur britannique Aviva a introduit à Amsterdam sa filiale néerlandaise à 16 euros par action, dans le bas de la fourchette de 15,5 à 19 euros. Elle se traitait vendredi au même niveau.

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