Le moindre attrait des Treasuries se confirme

le 16/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les achats nets par des étrangers de titres du Trésor américain ont baissé en avril

La dégradation de la solidité économique des Etats-Unis renforce peu à peu le sentiment de défiance des investisseurs vis-vis de la dette américaine. Et pour preuve. En avril, les détentions de Treasuries par des investisseurs étrangers ont crû, en net, de 41,9 milliards de dollars, contre 55,3 milliards de dollars en mars. Un tassement qui intervient sur fond de diversification annoncée des réserves de changes en défaveur des obligations américaines, notamment de la part de la Chine, du Japon et de la Russie.

Les investisseurs étrangers prennent du recul vis-à-vis des actifs américains. En témoigne la forte contraction en avril de 44,5 milliards de dollars des achats nets d'actifs américains à long terme par les non-résidents à 11,2 milliards.

Alors que les Etats-Unis prévoient une dette publique pesant 56,9 % du PIB pour l'exercice en cours, les achats bruts de Treasuries ont atteint 733,6 milliards de dollars, contre 903,8 milliards de dollars en mars, soit une chute de 18,8 %. Surtout, la baisse de 4 milliards de dollars des détentions de Treasuries par la Chine à 763,5 milliards de dollars, et de 1,6 milliard par la Russie à 137 milliards ont nourri la tendance et confirmé les récentes déclarations de Pékin et Moscou. 

La Russie avait ouvert la porte à une réduction, dans ses réserves, de la part des Treasuries au profit de dette émise par le FMI. La Chine a appelé les Etats-Unis, début juin, « à garantir la sécurité des actifs chinois » et fait savoir qu’elle pourrait « réduire sa dépendance à la dette américaine et au dollar ». Le doute plane aussi sur le billet vert. Alors que le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a proposé l’idée d’une nouvelle devise mondiale, le président russe Dmitri Medvedev, est favorable à une devise supranationale faisant opposition au billet vert.

Depuis, les grands détenteurs d'emprunts d'Etat américains ont toutefois réaffirmé leur soutien au dollar, à l'image du Japon, ou ce week-end encore du Premier ministre russe Alexei Koudrine, qui a déclaré ne pas voir d'autre solution au système actuel. La question de nouvelles monnaies de réserve ne sera d'ailleurs pas officiellement à l’ordre du jour du premier sommet des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui se tient aujourd’hui en Russie, même si la réforme du FMI, intimement reliée aux questions de change, sera, elle, traitée.

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