La mise au point de Fitch ne lève pas toute l’incertitude sur la dette hybride

le 02/02/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Près de 600 lignes ont été dégradées. Mais les futures règles d’exclusion de certains titres du ratio tier one maintiennent le flou sur ce segment

Dévoilée fin décembre, la nouvelle position de l’agence de notation Fitch sur la dette hybride s’est traduite, en fin de semaine dernière, par la dégradation de pas moins de 592 lignes émises par des institutions financières, notamment les banques. 588 titres ont vu leurs notes abaissées d’un cran et quatre ont été dégradés de deux crans. Après deux années difficiles pour les émetteurs de dettes hybrides, Fitch a souhaité mieux prendre en compte l’environnement financier et la qualité de crédit de l’émetteur dans la notation des instruments hybrides. «Fitch fournit une méthodologie claire qui laisse peu de place aux surprises dans la notation des titres hybrides», commente Gwenaëlle Lereste, analyste crédit chez Calyon.

Si les précisions apportées par Fitch lèvent le doute sur l’évolution des notes des titres hybrides, l’élaboration d’une nouvelle réglementation par le Comité de Bâle augmente en revanche l’incertitude sur ces dettes.

Fin décembre, le Comité de Bâle a indiqué qu’il envisageait d’exclure les titres hybrides dits innovants du ratio tier one à partir de 2012. Ces instruments qui peuvent représenter jusqu’à 15% de la base du capital tier one ont la caractéristique d’être assortis d’une option de rachat (call) à l’initiative de l’émetteur et d’un renchérissement du coupon (step up) si l’option n’est pas exercée.

Si les détails du projet se font encore attendre, les spécialistes estiment toutefois qu’il devrait se traduire par un resserrement des spreads. De fait, «la probabilité de rachat par les banques de la dette tier one avec step-up à leur première date de call devrait augmenter car les banques n'auront plus intérêt à la conserver au passif si la dette n'est plus éligible. Par ailleurs, les nouvelles règles pourraient provoquer un effet rareté sur le segment car les banques devraient arrêter d'émettre ces titres si le segment n'est plus éligible», explique Antoine Houssin, analyste crédit chez Natixis.

La proposition de nouvelle réglementation des fonds propres bancaires n'a certes pas joué de rôle évident dans le mouvement récent des spreads. Ils se sont redressés fortement sur les premiers jours de janvier «grâce à un rendement offert très attractif et des signes de rebond économique visibles, notamment dans l'immobilier américain», précise Antoine Houssin. Mais ils se sont ensuite légèrement écartés sous la pression du risque souverain.  

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