Les ménages asiatiques peuvent encore s’endetter, mais gare aux excès !

le 06/07/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La consommation locale ne pourra donc à elle seule tirer la demande mondiale, sauf à accélérer le gonflement de la bulle immobilière

Un des enjeux de la croissance mondiale est la vigueur de la demande des ménages dans les pays émergents et notamment en Asie: 30% de la population urbaine de la planète habitera en Inde ou en Chine d’ici à 2050 et cette évolution s’accompagnera d’une croissance soutenue du revenu par tête et des classes moyennes.

Trois pays asiatiques totalisent près de 78% du PIB de l’Asie hors Japon : la Chine, l’Inde et l’Indonésie. En 2008, ces pays pouvaient se targuer d’un faible endettement des ménages, d’où une marge de recours au crédit pour investir ou consommer davantage.

De fait, en juin 2008, l’encours chinois des prêts immobiliers aux ménages et l’ensemble des prêts aux ménages chinois ne dépassaient pas respectivement 14% et 25% du PIB. Les pourcentages étaient encore plus faibles en Inde ou en Indonésie, des ratios à comparer aux niveaux américains (qui flirtaient avec les 100%).

Seul écueil : si l’ajustement est souhaitable, il ne doit pas être trop rapide! La Chine a ainsi connu en 2009 un bond de 43% des crédits accordés aux ménages, dont deux tiers attribuables aux crédits immobiliers.

Et l’idée d’une forte dynamique de la demande des ménages asiatiques tirée par l’endettement pourrait bien trouver rapidement ses limites : l’encours des crédits aux ménages chinois dépasse désormais 30% du PIB et les autorités veulent réduire les risques de surchauffe. La demande des ménages asiatiques ne pourra donc à elle seule tirer la demande mondiale, sauf à accélérer le gonflement de la bulle immobilière dans les pays concernés.

nuno.teixeira@schroders.com

 

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