Le marché primaire de la dette high yield se prépare à une année record

le 05/01/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les émetteurs à haut rendement, plus nombreux, profiteront de conditions de marché favorables et de l’appétit pour le risque des investisseurs

Véritablement rouvert depuis six mois, le marché primaire de la dette à haut rendement en Europe devrait encore grossir en 2010. Les spécialistes s’attendent en effet à une année record. Les investisseurs pourraient acheter plus de 30 milliards d’euros de dettes nouvelles, notées au mieux «BB+», contre environ 25 milliards placés l’an dernier, et un volume d’émissions nul en 2008.

Du côté de l’offre, l’éventail des émetteurs potentiels s’est élargi. De nombreux groupes sont tombés dans la catégorie spéculative l’an dernier, à l’image de certains constructeurs automobiles. Or, peu de ces fallen angels devraient revenir dans la catégorie d’investissement cette année, estiment les stratégistes de Société Générale dans leur étude sur les perspectives du crédit en 2010. Par ailleurs, les entreprises refinanceront encore davantage leurs lignes bancaires existantes par des emprunts obligataires dans un contexte où les banques cherchent à réduire leurs bilans. Les sociétés auront d’autant plus recours au marché de la dette que de nombreuses obligations arriveront à échéance en 2011.

Les entreprises sous LBO pourraient aussi faire grossir le volume d’émissions. Fin décembre, la société Novasep, détenue par des fonds de capital investissement, a par exemple refinancé sur le marché l’intégralité de sa dette bancaire en plaçant l’équivalent de 370 millions d'euros d’obligations. Une opération qui pourrait inspirer d’autres sociétés détenues par des fonds.

Plus nombreux que les années précédentes, tous les émetteurs potentiels profiteront, en outre, de conditions de marché favorables. Les taux directeurs pourraient en effet rester bas sur l’ensemble de l’année, ce qui leur permettra de se financer à un coût raisonnable.

La faiblesse des taux poussera parallèlement les investisseurs à rechercher des actifs à haut rendement. La dette high yield risque toutefois de se trouver en concurrence avec les actions. «Le rendement espéré d’une obligation high yield est désormais comparable (voire plus faible selon les signatures) à celui de l’investissement en actions, à l’opposé de ce qui était observé l’an passé», explique un stratégiste crédit de Natixis. Les flux d’investissement vers le crédit pourraient donc pâtir de cette concurrence. Cette dernière sera encore plus vive si la reprise économique est plus forte que prévu.

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