Le marché des MBS accueille avec calme l'arrêt du soutien de la Fed

le 31/03/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le programme de rachat de la banque centrale finit aujourd'hui. Mais d'autres investisseurs seraient susceptibles de prendre le relais

Aujourd’hui prend fin l’une des plus importantes mesures de soutien à l’économie décidées par la Fed pour surmonter la crise. La Réserve fédérale achève le 31 mars son programme de rachat des MBS (mortgage-backed securities) émis par les agences de refinancement hypothécaire américaines, Fannie Mae et Freddie Mac. Depuis janvier 2009, la Fed a repris 1.250 milliards de dollars de titres hypothécaires, permettant une détente des taux des crédits et portant à bout de bras l’immobilier aux Etats-Unis.

L’arrêt du programme intervient alors que le marché immobilier américain reste en mauvaise santé. D’où deux craintes légitimes: que les agences n’arrivent plus à se refinancer, et que le marché des MBS connaisse un bain de sang si la Fed s’avise de vendre ses actifs, qui représentent environ 20% du stock. Avec au bout du compte une remontée des taux.

La Réserve fédérale a cependant pris les devants en soulignant qu’elle ne comptait pas dans l’immédiat vendre ses MBS. Et elle s’est dit prête à reprendre ses rachats si le besoin s’en fait sentir.

Les observateurs sont donc plutôt confiants sur la suite des événements. Fannie Mae et Freddie Mac tablent sur une remontée modeste de leur taux fixe moyen à 30 ans au deuxième trimestre, à 5,13 et 5,2% respectivement, contre 5% au premier trimestre.

D’autres investisseurs seraient en outre susceptibles de prendre le relais de la Fed. Selon les stratégistes taux de Bank of America Merrill Lynch, l’offre nette de MBS d’agences atteindra 125 milliards de dollars en 2010. Compte tenu du retrait de la Fed, du Trésor et des agences elles-mêmes, le reste du marché devrait prendre à son compte 230 milliards de dollars de titres. «La demande attendue des investisseurs étrangers et des banques est de 150 à 250 milliards de dollars, assez pour absorber le maximum de 230 milliards requis», estiment les stratégistes de BoA. Sans compter l’intérêt éventuel des assureurs et des fonds monétaires.

«Ce n’est pas une coïncidence si les rendements des emprunts d’Etat américains se sont tendus depuis quelques semaines avant l’arrêt formel du programme d’assouplissement quantitatif. Il se pourrait bien que les investisseurs privés vendent leurs titres pour lever du cash en anticipant leur retour sur le marché des MBS», soulignait hier Derek Halpenny, responsable Europe de la recherche change chez Bank of Tokyo Mitsubishi – UFJ.

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