Le marché de la dette high yield" est à présent proche de sa juste valeur "

le 28/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Stefan Isaacs, gérant de fonds chez M&G

L’Agefi : les "spreads" de crédit en Europe peuvent-ils continuer à se rétrécir ? 

Stefan Isaacs : En dépit du rally sur le marché du crédit, notamment sur la dette à haut rendement, les spreads des obligations d’entreprises restent au-delà des moyennes historiques. Ils se sont resserrés à des niveaux correspondant à ceux d’une récession typique.

Même si le crédit ne représente plus l’opportunité unique qu’il représentait plus tôt cette année, les spreads devraient continuer à se resserrer, ce qui viendra soutenir les prix des obligations. Dans la catégorie « investissement », ils intégrent des taux de défauts d’environ 10 à 17 % à horizon 5 ans. Bien que nous anticipions une hausse des taux de défauts, ceux-ci ne seront pas aussi élevés que ce qu’impliquent les prix actuels. La dette investissement offre ainsi une surcompensation aux investisseurs pour le risque de défaut.

Quelle est donc votre stratégie d’investissement ? 

Les obligations « investissement » demeurent intéressantes. Nous avons donc ajouté des positions dans ce secteur en étant très actifs sur le primaire, où les nouvelles émissions ont offert des primes par rapport au marché secondaire, même si ces dernières sont plus faibles qu'au début 2009. Nous avons aussi acheté des financières de manière sélective, avec une préférence pour la dette plus senior. Le marché high yield a délivré des rendements phénoménaux cette année, après avoir connu des ventes massives fin 2008. Cette classe d’actifs est à présent proche de sa juste valeur. Des défauts sur la partie plus risquée du haut rendement pourraient devenir plus fréquents, alors que la croissance économique demeure incertaine et que les sociétés fortement endettées souffrent. Nous restons concentrés sur des sociétés de grande qualité. Les dettes notées « BB » et « B » offrent, elles, le plus de valeur.

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