Le marché du crédit corporate résiste à la tempête grecque

le 13/04/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les émissions des entreprises sont restées soutenues cette semaine. La dette senior des financières a davantage souffert

L'affolement des marchés sur la Grèce la semaine dernière a contraint les grands argentiers de la zone euro à détailler enfin les conditions de leur plan de soutien à Athènes. Le marché du crédit corporate en Europe n’a pas pour autant perdu son sang-froid et a bien résisté. «Les indices du marché cash (iBoxx) se sont peu écartés et, sur le marché primaire, les émissions se sont poursuivies à un rythme soutenu avec des primes modérées», expliquent dans leur étude hebdomadaire de crédit, Suki Mann et Juan Esteban Valecia, stratégistes crédit à la Société Générale.

On a ainsi vu Lafarge émettre 500 millions d'euros à échéance 2018 et Klépierre lever publiquement 700 millions à sept ans. Sanofi-Aventis a abondé de 500 millions d'euros sa ligne 3,125% 2014 dont l'encours est ainsi porté à 1,2 milliard d'euros. SG CIB estime que malgré les à-coups de volatilité liés aux remous des dettes souveraines, le marché du crédit dispose d'un potentiel de hausse, même si les spreads ne retrouveront probablement pas rapidement leurs niveaux d'avant 2007.

La Société Générale a de son côté émis un milliard d'obligations foncières à 8 ans, et BNP Paribas un milliard à 10 ans hier.

En raison de leur exposition aux banques grecques, les financières ont été plus pénalisées que les autres. Les indices de dérivés de crédit n’ont effectivement pas la même évolution entre la dette financière et la dette non financière. L’indice iTraxx des émissions non financières se resserre déjà depuis la fin mars et est resté stable autour de 75 pb la semaine dernière. A l’inverse, l'iTraxx de la dette senior des financières a connu son pic mardi 5 avril s’élargissant de 10 pb depuis le 18 mars. «La tendance ne devrait cependant pas durer et les indices pourraient se rapprocher», expliquent les deux stratégistes qui tablent sur le grand retour des financières en 2010.

Tirant le bilan du ralentissement des émissions corporates au premier trimestre, SG CIB a d’ailleurs revu en baisse de 25% leurs prévisions d'émissions d'obligations par les entreprises non financières en 2010, les ramenant de 185 à 140 milliards d'euros. La banque ne modifie pas ses prévisions d'émissions par les financières dont la dette subordonnée devrait, selon elle, surperformer le reste du marché du crédit corporate.

A lire aussi