Le manque de liquidité des options sur indices commence à être inquiétant

le 19/08/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré quelques flux venus agrémenter le quotidien, volumes traités et liquidité des marchés optionnels sont au plus bas

Les jours se suivent et se ressemblent. Les volumes quotidiens sont au plus bas et l’ennui général des tables de volatilité s’en ressent. On ne peut pour autant affirmer que rien ne s’est passé ces derniers mois, avec quelques beaux flux venus agrémenter le quotidien.

En effet, quelques «asset managers» ont décidé de clôturer ou de rouler leurs protections à la baisse. Nous avons ainsi vu un vendeur de put spreads 2300/2000 Sep10 (3,3 milliards de notionnel), et de Sep10 2500/2200 put spread contre du dec10 2600/2000 en ratio 1.5x1. Ces deux grosses opérations directionnelles ont animé le marché… début août. Mais les banques qui ont eu la chance d'en profiter en direct ont eu bien du mal à se couvrir dans le marché.

Assurément, la liquidité qui est la star du moment brille surtout par son absence. Les fourchettes de prix sont larges, et traiter de la taille implique une exécution sur plusieurs niveaux. Les market-makers, pourtant si nombreux sur l’EuroStoxx50, sont de plus en plus frileux et certains ont même commencé à mettre la clé sous la porte.

En termes de volatilité pure, on a vu ressurgir le fameux short skew (vendeur put – acheteur call) 1 mois contre long skew 6 mois. La position est attrayante grâce à la faible volatilité historique mais sera difficile à gérer en cas de grande baisse de l’indice.

Comme d’habitude, les mauvaises nouvelles macroéconomiques (emploi, révision de la croissance par la Fed) ont animé le marché, mais pas assez pour faire croire à une reprise significative de l’activité. En résumé, la volatilité a légèrement baissé alors que le skew lui est pratiquement inchangé.

On notera aussi que, fortement corrélés à l’EuroStoxx50, les autres indices européens pâtissent également de son manque de liquidité, car pour l’instant hormis le FTSE, ces derniers continuent leur inexorable déclin.

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