Man accélère la recomposition des hedge funds

le 18/05/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En rachetant GLG, le gérant britannique atteint près de 63 milliards de dollars d’actifs

Dans le sillage de la crise, l’univers des hedge funds se recompose. Un coup d’accélérateur a été donné lundi par Man Group, qui a annoncé le rachat de son concurrent américain, pour 1,6 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros). Avec cette fusion, le gérant britannique, qui disposera de près de 63 milliards de dollars d’actifs sous gestion, mise sur la complémentarité, tant géographique qu’en termes d’activités. Pour plusieurs professionnels, le mouvement de consolidation du secteur est appelé à s’accélérer.

«Le rapprochement entre Man et GLG Partners (GLG), deux grandes sociétés n’ayant pas de réelles difficultés financières, sera différent des consolidations futures du secteur, estime Guillaume Monarcha, associé responsable de la recherche chez Orion Financial Partners. Les rapprochements à venir devraient en effet plus porter sur des rachats, plus douloureux, de petites sociétés, ayant moins de 5 milliards d’euros d’actifs et éprouvant des difficultés à refinancer leur dette, par de gros acteurs».

Avec cette opération, «Man, actif dans les fonds de hedge funds (représentant la moitié des encours du groupe), un modèle malmené durant la crise, se diversifie vers des stratégies plus sécurisantes aux yeux des investisseurs institutionnels», estime un autre professionnel. GLG Partners gérait 23,7 milliards de dollars à fin mars 2010, la moitié au sein de fonds alternatifs axés principalement sur les actions et l’autre moitié au sein de fonds traditionnels en actions.

Les spécialistes s’accordent sur les complémentarités du rapprochement. «Il s’agit d’une opération transformante pour Man, avec un large potentiel de synergies. Man dispose notamment d’une solide marque de distribution pour ses clients privés à travers l’Asie présentant peu de recoupement avec GLG. En outre, cette opération réduit la dépendance des résultats du groupe à AHL (structure gérant des fonds investis sur les contrats à terme, représentant l’autre moitié des actifs sous gestion de Man, ndlr)», souligne la recherche actions de Credit Suisse.

«La volatilité des résultats du groupe sera par ailleurs réduite, l’activité d’AHL étant fortement décorrélée des stratégies long / short (combinaison d’achats et de ventes de titres à découvert, ndlr) de GLG», précise le bureau d’études. Par ailleurs, alors que Man gère ses activités de fonds de hedge funds principalement de Suisse et des Etats-Unis, la plupart des gestionnaires de GLG sont basés à Londres. BoA Merrill, Credit Suisse et Perella Weinberg ont conseillé l'acquéreur.

Sur 1,6 milliard de dollars valorisant la transaction, un milliard sera payé en numéraire aux actionnaires publics. A 4,5 dollars par action, ce prix reflète une prime de 55% par rapport au cours de clôture de GLG vendredi dernier. 600 millions de dollars seront parallèlement payés en actions aux dirigeants, soumis à une obligation de conservation des titres de trois ans. A 6,7% des encours, le prix est jugé dans la norme.

«Les capitaux excédentaires de Man s’élèveront à 350 millions de dollars après la transaction, contre 1,5 milliard auparavant», indique Credit Suisse. Dans le cadre de la fusion, qui devrait être finalisée d’ici la fin du mois de septembre, Man a identifié des réductions de coûts de l’ordre de 50 millions de dollars, dont le tiers devrait être réalisé d’ici fin 2011.

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