La liquidité sur le marché du crédit demeure très faible

le 20/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit d'Edmond de Rothschild Financial Services

L'Agefi : La détente sur les spreads de crédit peut-elle être durable ?

Etienne Gorgeon : La détente sur les indices CDS et sur le marché du crédit ne pourrait être durable qu’à condition qu’il y ait une conjonction de signaux positifs forts, tels qu’une reprise de l’immobilier, une stabilisation de la situation financière des banques et un retour de la liquidité sur le marché. Mais les indices immobiliers continuent à se détériorer. Même si, aux Etats-Unis, les résultats du premier trimestre publiés par les banques sont encourageants, il est prématuré de conclure à une stabilisation de leur santé financière. Après la vague de dépréciations engendrées par les actifs toxiques en 2008, de nouveaux actifs pourraient faire l’objet d’une dégradation liée au sévère ralentissement économique. Face à l’incertitude sur la situation financière des banques, ces dernières devraient poursuivre leur politique de restriction de prêts, maintenant de ce fait une pression sur l’économie. Enfin, la liquidité sur le marché du crédit demeure très faible. Malgré quelques signaux positifs, nous estimons donc que la détente actuelle s’apparente davantage à un faux départ qu’à une réelle amélioration durable.

L'Agefi : Dans ce contexte, quelle est votre stratégie?

Face à ce contexte incertain, nous privilégions actuellement les parties courte et intermédiaire de la courbe. La hausse des défauts nous amène à privilégier les titres défensifs et de bonne qualité. Nous nous tenons notamment éloignés des secteurs de l’automobile et des matériaux de construction. Toutefois, les primes de risque historiquement élevées incorporent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles.

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