L’investissement dans l’immobilier d’entreprise se normalise peu à peu

le 08/01/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’activité a fortement rebondi au quatrième trimestre. Mais la faiblesse du marché locatif pèsera sur la reprise en 2010

Les investisseurs immobiliers ont repris leurs emplettes en Ile-de-France. Les transactions ont atteint pas moins de 2,5 milliards d'euros au quatrième trimestre 2009 d’après les données de Immostat-IPD. Il s’agit donc de la période la plus active depuis le premier trimestre 2008. Ce redémarrage «atteste de l’appétit retrouvé des investisseurs pour l’immobilier, du moins pour les meilleurs actifs et localisations, la prime de risque étant redevenue fortement attractive», analyse Antoine Derville, responsable de l’investissement chez CB Richard Ellis. Ainsi, 42% du volume engagé l’a été dans la zone la plus cotée de la région, le quartier central des affaires (QCA) parisien. En 2009, ces actifs sécurisés ont principalement été acquis par des investisseurs en fonds propres, le plus souvent français. Les autres acteurs, pénalisés par la difficulté à obtenir des financements bancaires, ont été peu actifs l’an dernier.

La recherche de rendement a plus généralement renforcé l’intérêt de l’immobilier par rapport aux marchés financiers. Le taux de rendement des meilleurs bureaux dans Paris QCA ressort à 5,50% d’après la société de conseil Cushman & Wakefield, contre 3,5% pour les obligations d’Etat à dix ans. Du coup, les investisseurs privés, notamment, ont été plus nombreux à acquérir des actifs de bureaux en 2009.

Le rebond du marché est toutefois modéré. Les opérations en Ile-de-France ont chuté de 39% à 5,2 milliards d'euros par rapport à 2008. Pour 2010, «nous prévoyons un marché de l’investissement francilien compris entre 6 et 8 milliards d’euros», anticipe Stephan von Barczy, directeur de l’investissement France de Jones Lang LaSalle. De fait, les financements seront encore difficiles à obtenir. Et le marché des utilisateurs pourrait encore souffrir. La montée du chômage et les renégociations de baux entreprises par les locataires pèseront en effet sur la demande.

Par conséquent, à l’exception de Paris QCA et de la Défense, «les ajustements (des loyers) seront encore importants, en particulier sur la "boucle sud" et la "première couronne sud" où l’offre neuve est aujourd’hui abondante et les délais de commercialisation très longs», prévoit Magali Marton, directrice de la recherche chez DTZ. Des évolutions qui inciteront sans doute les investisseurs à la prudence.

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