L’inflation va se rapprocher de zéro dans la zone euro

le 07/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle a été divisée par deux entre octobre et décembre. Les indicateurs PMI confirment les perspectives de récession

L’inflation chute brutalement en zone euro. Elle ressort à 1,6% en décembre 2008, d’après l’estimation flash d’Eurostat, alors qu’elle culminait à 4,1% en juillet. Depuis octobre, la hausse des prix, en glissement annuel, a été divisée par deux. L’inflation est donc à présent «proche mais en deçà de 2%». Cet objectif fixé par la Banque centrale européenne n’avait plus été atteint depuis août 2007. Le niveau de 1,6% quant à lui n’avait plus été enregistré depuis octobre 2006.

Le violent ralentissement de la hausse des prix s’explique par le plongeon du cours des matières premières, en particulier du pétrole. Le ralentissement de la demande, conséquence de la crise économique, explique aussi le mouvement. Mais le poids précis des composantes de l’inflation de décembre ne sera publié que le 15 janvier.

Pour les économistes, le rythme de la hausse des prix devrait encore ralentir significativement. L’inflation en glissement annuel pourrait même passer en territoire négatif cet été, d’après la recherche économique d’UBS. «Nous ne croyons pas à une période durable de déflation en zone euro, même s’il existe clairement un risque que l’inflation reste négative plus longtemps que nous l’anticipons», explique Sunil Kapadia, économiste au sein de la banque suisse. Il table sur une progression de prix de 0,6% en 2009 et de 1,5% en 2010. 

Pour Nick Matthews chez Barclays Capital, l’inflation resterait positive avec un point bas à 0,4% en juillet compte tenu de «l’accumulation d’effets de base favorables et de l’affaiblissement de l’inflation sous-jacente en raison de la récession qui s’étend». Il s’attend à une hausse des prix de 1,1% cette année et de 1,6% l’an prochain.

L’activité et la demande en zone euro, en berne, ne devraient pas en effet entraîner de rebond de l’inflation. Hier, les estimations finales des indices PMI ont confirmé les perspectives de récession. En décembre, l’indice composite d’activité pour les services et le secteur manufacturier s’est inscrit à son plus bas historique, à savoir 38,2, contre 38,9 en novembre. «Les détails de l’enquête ont signalé que cette tendance baissière pourrait se poursuivre au cours des prochains mois», ajoute Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas.

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