L’indigestion de risque : jusqu’à quand ?

le 21/05/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le graphique ci-contre montre l’évolution de l’appétit pour le risque, mesuré par la corrélation de rang (coefficient de Spearman) entre les rendements des facteurs de risque et la volatilité qui leur est associée. Si la corrélation est positive, l’aversion pour le risque a baissé ; si la corrélation est négative, elle a augmenté.

Lorsque l’indicateur d’appétit pour le risque vaut 100%, les actifs les plus risqués (risque mesuré par la volatilité sur un an) sont ceux ayant le plus performé récemment (sur le dernier mois). Au contraire, une corrélation de -100% signifie que les risques les plus importants ont été les moins rémunérés, traduisant une méfiance des investisseurs à l’égard du risque.

Depuis le début de l’année, cet indicateur a connu une importante volatilité franchissant des points extrêmes à la baisse (mi-février 2010) comme à la hausse (mi-avril 2010).

Un niveau élevé d’appétit pour le risque ne se traduit pas mécaniquement par un ajustement brutal (retour à la moyenne) si des nouvelles économiques ne viennent pas contrarier le sentiment des investisseurs comme en mars 2009.

Toutefois la «surchauffe» observée mi-avril a été suivie par un certain nombre de mauvaises nouvelles concernant en particulier la solvabilité de quelques Etats européens.

Depuis mi-avril, l’appétit pour le risque n’a cessé de chuter sans atteindre pour le moment un point bas qui pourrait marquer la fin de l’ajustement. Il paraît donc dans ces conditions encore précipité de jouer le rebond des marchés.

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