« L'euro/dollar est dans sa moyenne de ces dix dernières années »

le 07/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank

L'Agefi: L’euro a beaucoup évolué ces dernières semaines, peut -il encore baisser ?

Valérie Perez: Les marchés restent exclusivement centrés sur les problèmes de la zone euro. De nombreux investisseurs asiatiques ou américains, trouvant le fonctionnement de notre zone compliqué voire opaque, réduisent leur allocation. Malgré le package UE / FMI et la décision de la BCE d’acheter des obligations en euros, les CDS des pays de la zone continuent de s’écarter. La tendance à court terme est donc à une poursuite des pressions baissières sur l’euro jusqu’au courant de l’été. Au-delà, les tensions actuelles et le focus des marchés devrait évoluer vers la problématique majeure des déficits jumeaux aux Etats-Unis, ce qui permettra à l’euro de s’apprécier jusqu’à un objectif de fin d’année à 1,35.

Quelle stratégie adoptez-vous au regard de sa volatilité ?

Les marchés organisés indiquent que l’euro est très survendu. La volatilité est au plus haut depuis début 2009 (inférieure à l’épisode Lehman cependant), et beaucoup plus chère à la baisse de l’euro qu’à la hausse. Nous conseillons à nos clients exportateurs désireux de saisir l’opportunité des niveaux actuels d’entrer dans des tunnels permettant de se protéger contre une appréciation de l’euro supérieure à 1,28 / 1,30, tout en bénéficiant d’un affaiblissement éventuel jusqu’à 1,10. Une telle stratégie est optimale en termes de volatilité puisqu’elle permet de payer la protection à la hausse moins cher que la vente du potentiel baissier. En termes de niveaux de couverture absolus, nous ne sommes pas très éloignés de la moyenne de l'euro/dollar de ces dix dernières années (1,20), et du cours d’introduction de l’euro (1,18).

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