L’euro reviendra sur sa tendance haussière, une fois la période de faiblesse passée

le 09/02/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sylvain Broyer, économiste chez Natixis

L'Agefi: L'euro peut-il s'apprécier face au dollar malgré la dégradation de la conjoncture en Europe?

Sylvain Broyer: La conjoncture européenne ne se dégradera pas plus que dans le reste du monde industrialisé. L’arrêt soudain que l’activité manufacturière a subi au dernier trimestre 2008 est lié au gel des capitaux internationaux et s’observe dans toutes les économies industrialisées. Depuis, les termes de l’échange s’améliorent de concert sous l’influence du contre-choc pétrolier. Le dégel progressif des capitaux est donc probable. Il soutiendra un redémarrage graduel de l’activité mondiale, qui sera de plus stimulée par des plans de relance. La demande extérieure adressée à l’UEM en bénéficiera peut-être plus que la demande domestique ne sera soutenue pas sa propre politique budgétaire. Comme par ailleurs la BCE tente, pour l’instant, l’expérience unique au monde de tenir des taux élevés, les capitaux étrangers afflueront. L’euro reviendra donc sur sa tendance haussière, une fois la période de faiblesse actuelle passée.

Quels éléments vous permettent de tabler sur une stabilisation de la livre face à l'euro? 

Le potentiel de baisse des taux de la banque centrale se réduit comme peau de chagrin outre-Manche. Certains grands fonds qui jouaient la dépréciation de la livre ont fermé leurs positions spéculatives. Le cycle immobilier est plus avancé en Angleterre et l’épicentre des mauvaises nouvelles sur le secteur financier s’est également rapproché du continent. Enfin, il faut bien l’admettre, l’utilité d’une dépréciation de la livre est loin d’être évidente, vu le poids marginal qu’ont les exportations en biens manufacturiers non différenciés pour la croissance britannique.

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