L'étau se resserre sur certains périphériques

le 15/09/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Toujours tributaires de la BCE pour leurs banques, l’Irlande et le Portugal s'écartent de l'Espagne

La dépendance des banques des pays périphériques aux liquidités de la BCE reste élevée malgré la réduction des opérations de refinancement de l'institution. Ces derniers comptent à présent pour 60% des prêts de l’Eurosystème, soit plus de trois fois leur part dans le PIB de la zone euro. Mais à l'inverse des banques espagnoles, les établissements irlandais et portugais n’ont pas vu leurs emprunts auprès de la BCE baisser. D’ailleurs, depuis août, le marché des taux sanctionne davantage les deux pays au sein des Etats périphériques.

Les banques espagnoles semblent avoir bénéficié de la publication des tests de résistance et de la forte chute du déficit budgétaire cet été. En août, leurs emprunts auprès de la BCE ont chuté de 20 milliards d'euros à 120 milliards. Mais ceux des banques grecques et portugaises ont stagné à 96 et 50 milliards. Les prêts aux banques irlandaises, eux, ont atteint les 95,1 milliards. Un record depuis janvier.

D’ailleurs, depuis la baisse de notes de l’Irlande en août, le marché de taux ne met plus les pays périphériques dans le même panier. Depuis le 9 août, les taux à 10 ans irlandais et portugais se sont tendus de 83 et 73 pb à 5,84% et 5,73%. Leurs spreads avec le Bund à 10 ans se sont creusés respectivement de 98 et 88 pb, et leurs CDS à 5 ans ont bondi de 147 et 90 pb à 382 et 336 pb, selon les chiffres de CMA. Les taux italiens et espagnols, eux, n'ont crû que de 10 pb à 3,87% et 4,15 %.

Alors que la Grèce fait cavalier seul avec des taux en hausse de 119 pb à 11,36%, le cas irlandais a mis le Portugal sous le feu des projecteurs. Malgré un potentiel de rebond économique élevé, Lisbonne est sanctionné par le marché pour la hausse de 300 millions d'euros de son déficit sur les sept premiers mois. «Cette discrimination au sein des périphériques correspond à une divergence dans les performances budgétaires de chaque pays, note Deutsche Bank. Les données mensuelles indiquent une amélioration du déficit budgétaire en Espagne et une nouvelle détérioration en Irlande et au Portugal». Toutefois, la pression restera cantonnée au marché secondaire, l'Irlande ayant achevé son programme de financement 2010. Le Portugal, lui, a réalisé 80% de son objectif annuel.

Le Premier ministre irlandais, Brian Cow, a déclaré que l'Irlande cherchait à réaliser des économies d'un montant inférieur à 4 milliards d'euros pour élaborer son projet de budget 2011. Une annonce faite pour apaiser les craintes de ses administrés sur l'ampleur des coupes budgétaires à venir,

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