L'emploi américain ramène les Bourses à la raison

le 05/10/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les importantes suppressions de postes, au nombre de 263.000 en septembre, témoignent de la faiblesse de la reprise

Le rétablissement de l’économie américaine ne sera peut-être pas aussi solide que les marchés l’ont supposé ces dernières semaines. En septembre, les destructions d’emploi y ont été bien plus nombreuses que prévu. 263.000 postes ont été supprimés alors que les économistes ne tablaient que sur 180.000. La situation s’est détériorée par rapport au mois d’août, durant lequel 201.000 postes ont été supprimés. L'indicateur explique le nouvel accès de faiblesse des Bourses vendredi.

L’industrie et la construction sont les secteurs où les destructions sont les plus fortes. L’administration a elle aussi été très active en matière de suppressions de postes le mois dernier. 53.000 emplois y ont disparu, contre 19.000 en août. L’accélération est due aux difficultés des organismes publics à boucler leurs budgets. Dans la distribution, où les signes de reprise sont encore peu visibles, 39.000 suppressions de postes ont été recensées. «Même si les pertes d’emplois restent massives, elles se sont modérées de façon marquée depuis le début de cette année. En d’autres termes, les conditions sur le marché du travail restent mal orientées, mais il ne fait guère de doute qu’elles s’améliorent», relativise Jean-Marc Lucas, économiste chez BNP Paribas.

Les destructions d’emploi s’accompagnent d’une baisse de la main-d’œuvre, certains Américains décidant de se retirer du marché du travail. Au lieu de ressortir à 9,8 % en septembre, le taux de chômage aurait donc pu grimper à 10,3 % si la main-d’œuvre était restée stable. Mais le passage au-dessus du seuil de 10 % semble inévitable dans les prochains mois si le scénario d’une reprise molle se confirme. Jeudi dernier, Ben Bernanke, le patron de la Fed, a estimé que la reprise risquait de ne pas être suffisamment forte pour faire baisser le taux de chômage, qui pourrait se maintenir au-dessus de 9 % à la fin de l’année 2010.

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