L’économie européenne s'enferre dans la récession

le 18/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La France et l’Allemagne ont fait état d’une contraction historique de leur PIB au premier trimestre, faisant plonger de 2,5 % celui de la zone euro

Récession historique. Les pays de la zone euro ont affiché en fin de semaine dernière une contraction sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale de leur PIB pour les trois premiers mois de l’année, les baisses les plus marquantes étant celles des deux principaux moteurs de la zone euro. Le PIB de l’ensemble de la zone euro a reculé de 2,5 % au premier trimestre et de 4,6 % en rythme annuel. 

En l’espèce, l’Allemagne a annoncé que son économie avait reculé de 3,8 %, soit davantage que prévu, en raison de la chute de ses exportations et de la nouvelle baisse des investissements, enregistrant ainsi son quatrième trimestre consécutif de contraction. L’Office fédéral de la statistique ayant abaissé de 0,1 point l’évolution du PIB pour le dernier trimestre 2008 à -2,2 %, le PIB allemand a reculé de 6,7 % sur un an. L'économie allemande, tournée vers les exportations, paie ainsi le gel des échanges mondiaux fin 2008.

La tableau n'est guère plus reluisant en France. Confirmant que le PIB français s’était contracté de 1,2 % au premier trimestre, l’Insee a fortement révisé ses estimations pour les trois trimestres précédents, révélant que l'économie française avait reculé de 3,2 % en glissement annuel et que la France était en récession depuis le deuxième trimestre 2008. Le PIB du troisième trimestre 2008 s’est ainsi contracté de 0,2 %, contre une hausse de 0,1 % annoncée jusqu’ici, tandis que les deuxième et quatrième trimestres ont respectivement reculé de 0,4 et 1,5 %. De fait, sur 2008, le taux de croissance a été abaissé de 0,4 point, à 0,3 %.

Avec un « acquis de croissance » pour 2009 de -2,5 %, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a admis vendredi que le PIB français devrait chuter de 3 % cette année, rejoignant ainsi la prévision du FMI. Certes, les indicateurs avancés pointent vers une atténuation de la récession au deuxième trimestre. Un effet en partie technique : le déstockage massif, le plongeon de l'investissement et la chute des échanges ne peuvent se reproduire à l'identique. « Le cycle de productivité européen devrait donc avoir atteint son point bas au premier trimestre 2009. Les destructions d’emplois pèseront en revanche très fortement sur la demande intérieure », estime Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Le deuxième trimestre sera encore marqué par une contraction du PIB, et la plupart des économistes n'attendent le retournement que fin 2009.

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