L’action de la Fed semble inefficace pour relancer le crédit

le 30/03/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alexandre Bourgeois, chef économiste adjoint chez Natixis

L’Agefi : Les programmes d’achats de titres annoncés par la Fed la semaine dernière seront-ils suffisants pour relancer le crédit aux Etats-Unis ?

Alexandre Bourgeois : Ces programmes ont eu pour vertu majeure de faire baisser significativement les taux d’intérêt (-50 pb sur les taux publics à 10 ans par exemple), donc de réduire le coût du crédit. Toutefois, on sait bien que le problème du crédit aux Etats-Unis est double et concerne la demande de fonds au moins autant que l’offre. En effet, après avoir vu leur taux d’endettement progresser très fortement entre 2002 et 2008, les ménages américains souhaitent désormais se désendetter. L’action de la Fed semble donc inefficace pour relancer le crédit.

Une action similaire est-elle nécessaire de la part de la Banque centrale européenne ?

D’une part, le cadre institutionnel européen est moins souple que son homologue américain. Il est ainsi spécifié clairement dans les statuts de la BCE que l’acquisition directe de dette publique des Etats membres est interdite. D’autre part, concernant des achats de titres privés, se pose la question des risques que peut (ou non) accepter la BCE. En outre, il n’est pas évident de financer directement les entreprises, en passant au-dessus des banques, alors que l’économie européenne est très fortement intermédiée. Si on en croit les membres de la BCE, les inconvénients d’une telle politique paraissent aujourd’hui encore trop importants au regard des avantages (baisse des taux de marché, meilleur financement de l’économie...). Et ce d’autant plus que, comme dans le cas américain, la demande de crédit ne cesse de reculer en Europe.

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