« Investir sur du crédit à deux ans revient à tripler le rendement d’un emprunt souverain allemand »

le 11/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis Asset Management

L'Agefi: La classe d’actifs est-elle au bord de l’indigestion avec la multiplication des émissions ces dernières semaines?

Philippe Berthelot: De facto le marché primaire a retrouvé une vivacité impressionnante depuis sa quasi-désertion au cours du mois de mai. Paradoxalement, on peut différencier la catégorie investment grade qui connaît cette année un volume d’émissions net négatif par rapport à 2009 alors que les émissions de la catégorie high yield augmentent très fortement. Selon les anticipations de Fitch, les émissions devraient en effet atteindre un montant record de 50 milliards d’euros d’émissions cette année. Les investisseurs continuent de montrer un appétit féroce sur l’ensemble de la classe d’actifs, comme en témoigne l'émission de Picard qui, malgré une note B- a enregistré une demande 10 fois supérieure à son émission de 300 millions d’euros, le titre ayant progressé de 5% en quelques jours seulement.

Les conditions de marché vous paraissent-elles bonnes pour les investisseurs ?

Les obligations crédit bénéficient d’un succès certain. Cela est lié à un environnement de taux bas ainsi qu’à la sur-rémunération qu’elles offrent par rapport aux titres gouvernementaux allemands. Investir sur du crédit à deux ans revient à tripler le rendement d’un emprunt souverain allemand et sur du crédit à 5 ans, à le doubler. La norme sur la décennie passée était de l’ordre de 10 à 20%. Enfin, un indice crédit typique délivre un spread contre swap de l’ordre de 133 points de base (indice BOAML ER00 au 07/10/2010), 100 points de base de plus que ce que nécessite la stricte rémunération du risque de défaut à horizon 5 ans. Cette classe d’actifs a donc un fort potentiel sur les 12 prochains mois, au moins.

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