Il devient nécessaire d’opérer un mouvement de neutralisation des biais défensifs

le 27/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie chez Crédit Agricole Asset Management

L’Agefi : Que faut-il penser de la récente remontée des Bourses ?

Patrick de Fraguier : Malgré l’illusion du fort rebond des indices boursiers depuis mi-mars, le premier trimestre 2009 marque une performance négative ! Après les effets d’annonce du plan Geithner et du sommet du G20, les publications de résultats, en parallèle avec l’ajustement des prévisions bénéficiaires pour 2009 et les « stress tests » des banques américaines, les variations de volatilité vont continuer d’être alimentées. La recherche d’un point bas marché et/ou conjoncturel s’appuie sur l’impossible extrapolation des tendances baissières des principaux agrégats économiques, le soutien des mécanismes de stimulation mis en place par les autorités monétaires et budgétaires, l’amélioration du marché de la dette privée, et la forte désinflation.

Quelles conséquences en termes d’allocation d’actifs ? 

Si les forces déflationnistes sont toujours à l’œuvre et incitent les banques centrales à être davantage stimulantes et les investisseurs à conserver de la duration, la détérioration économique commencera à décélérer. Aussi, il devient nécessaire de commencer à opérer, pour les portefeuilles naturellement équilibrés mais tactiquement les plus sous-exposés, un mouvement graduel de neutralisation des biais défensifs : réduction de la sous-pondération actions, prise de profit sur les valeurs refuges, répartition géographique et rotation sectorielle…

Pour un rebond plus durable des marchés, les investisseurs doivent retrouver de l’appétit pour le risque grâce à des taux monétaires faibles et des rendements obligataires bas, comparés aux valorisations des « actifs risqués » : condition nécessaire mais pas suffisante…

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