La hausse des taux longs en zone euro devrait s’interrompre

le 15/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, coresponsable de la recherche économique & stratégie chez Aurel BGC

L’Agefi : Une extension du programme d’achat d’actifs de la Fed est-elle envisageable ?

Jean-Louis Mourier : Le compte-rendu de la dernière réunion du FOMC était clair : le programme d’achat d’actifs, et plus particulièrement d’obligations d’Etat, pourra être augmenté… si la situation se dégrade plus encore. Un tel événement est donc envisageable. Il n’est toutefois pas probable. D’abord parce que les signes d’amélioration des conditions économiques se multiplient. La récession n’est pas terminée, mais le pire de la dégradation est derrière nous. On aperçoit une lueur, loin, au bout du tunnel. Dans ce contexte, les banquiers centraux américains commencent à évoquer leur stratégie de sortie de crise. En outre, l’efficacité de ses programmes reste mitigée. Les achats d’obligations d’Etat, notamment, n’ont pas empêché la forte hausse des taux longs.

Quels facteurs peuvent influencer l’évolution des taux des emprunts d’Etat à dix ans en zone euro à un horizon de trois mois ?

A un horizon de trois mois, la hausse des taux à long terme devrait s’interrompre. D’abord parce qu’ils sont montés très rapidement. Ensuite parce que la pente record de la courbe des taux protège la partie longue tant que les perspectives de « normalisation » de la politique monétaire restent peu probable. Enfin, le marché obligataire a souffert ces derniers mois de la dissipation des scénarios économiques les plus noirs. Mais l’amélioration de la situation économique reste très modérée : le pire de la récession est passé, mais elle n’est pas pour autant terminée. Les taux longs baisseront avec la publication d’indicateurs économiques encore très mitigés.

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