La gestion en France poursuit sa consolidation

le 27/01/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La collecte et les souscriptions devraient de nouveau s’améliorer en 2010, selon l’AFG

Marqué par deux rapprochements de taille en 2009 - celui des activités de CAAM et SGAM d’un côté, et de BNP Paribas-Fortis de l’autre -, le secteur de la gestion d’actifs en France devrait continuer sa consolidation. «Les mouvements de fusion vont se poursuivre en 2010. Cette année devrait s’inscrire dans la continuité de 2009 et devrait être meilleure en termes de collecte et de souscriptions», a indiqué mardi Paul-Henri de la Porte du Theil, président de l’AFG, à l’occasion d’une conférence de presse.

En 2010, «les sociétés de gestion vont poursuivre leurs efforts en termes de synergies et de productivité. Signe d’un dynamisme du secteur, une trentaine de sociétés, principalement entrepreneuriales, ont vu le jour en 2009. Parallèlement, en dehors des disparitions, des sociétés se sont rapprochées, aboutissant à une vingtaine de créations nettes», a indiqué le président de l’AFG (Association française de la gestion financière), précisant que plusieurs dossiers d’agrément étaient en cours d’instruction. A fin 2009, l’AFG estime le nombre de sociétés à 591.

«Les grandes sociétés de gestion se renforcent grâce notamment aux rapprochements. Parallèlement des petites sociétés se créent. Et les sociétés de taille moyenne, loin de disparaître, affichent les taux de croissance les plus élevés», explique Pierre Bollon, délégué général de l’AFG.

Dans ce contexte, l’un des chantiers majeurs de l’AFG en 2010 repose sur le renforcement en France de l’innovation au sein de l’industrie financière. «Il nous faut développer la recherche en vue d’aboutir à la création de sociétés innovantes. Il faut que ces sociétés soient créées en France, et non à Londres. La gestion d’actifs ne doit donc pas être un fleuron isolé dans un désert de l’industrie financière», a estimé le président.

En deuxième lieu, l’AFG mettra l’accent cette année sur la finalisation des différents travaux réglementaires européens, tels que la mise en œuvre de la directive Ucits IV, l’adoption de la directive gestion alternative ou encore la mise en place de nouveaux superviseurs avec la création de l’Autorité de contrôle prudentiel en France, de l'ESMA en Europe. «Il faut que l’industrie de la gestion ait une place encore plus importante dans le processus de décision», a estimé Pierre Bollon.

L’AFG se veut par ailleurs force de proposition dans le débat sur la réforme des retraites. «Notre réflexion s’articule autour de trois axes. Il faut tout d’abord développer l’épargne salariale et le Perco. Il faut ensuite compléter l’offre individuelle. Si le Perp existe déjà, on pourrait imaginer d’autres produits plus proches du Perco, estime son président. Enfin, «il s’agit de développer l’épargne longue et de réfléchir à des produits de durée intermédiaire» entre celle des OPCVM et celle du capital investissement.

Sur 2009, le marché de la gestion a renoué avec une croissance à deux chiffres. Les encours gérés ont crû de 10,8% à 2.617 milliards d’euros, contre un recul de 11% l’année précédente. «Cette progression a été principalement soutenue par l’effet marché, les souscriptions ayant compté pour un dixième. Cela nous ramène au niveau de fin 2006», a indiqué Pierre Bollon.

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