Les gérants reviennent peu à peu sur le crédit

le 02/02/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les membres du «Panel Agefi» privilégient toujours les émetteurs les mieux notés

Les sociétés de gestion veulent profiter du redémarrage du marché primaire du crédit. 123 milliards d’euros d’obligations ont été émis en janvier d’après Bloomberg, soit quatre fois plus qu’en décembre. Ces nouveaux emprunts offrent des marges élevées, de 300 points de base en moyenne pour les sociétés investment grade. Du coup, le crédit retrouve peu à peu les faveurs des gestionnaires. 28% des membres du «Panel Agefi Crédit» surpondèrent à présent les obligations, contre 18% le mois dernier.

Les gérants sous-pondérant la classe d’actifs ne sont plus que 22% contre 41% en janvier. Quatre membres du panel ont revu leur exposition de sous-pondérer à neutre. Il s’agit de CM-CIC AM, Groupe CCR, La Banque Postale AM, et La Compagnie Financière Edmond de Rothschild. CPR AM et DWS Investments sont quant à eux passés de neutre à surpondérer. Si les gestionnaires reviennent sur le crédit, ils restent toutefois très sélectifs sur les émetteurs. 78% d’entre eux privilégient les titres notés au moins «A», d’après la recherche crédit de Calyon. Les sociétés les mieux notées ont bien compris l’appétit des gérants pour les titres les plus solides. Ainsi, trois quarts des émissions non financières en euros réalisées depuis le début de l’année étaient notées au moins «A-». Par ailleurs, la plupart des émissions bancaires ayant été bouclées avec une garantie d’Etat, elles offrent une sécurité appréciée par les gérants.  

La part de cash a dans ce contexte diminué. De 8,24% début janvier, elle tombe à 5,28%. Chez CPR AM, elle passe de 20 à 5%, chez Groupe CCR de 16 à 6% et chez Dexia AM de 19 à 11%. 

La détérioration de la conjoncture éloigne globalement les sociétés de gestion des groupes plus risqués. Il faut dire qu'au quatrième trimestre, Moody’s a procédé à 121 dégradations d’émetteurs en Europe occidentale, soit 133% de plus qu’au trimestre précédent. L’agence de notation s’attend à une augmentation des abaissements de notation parmi les émetteurs corporate et financiers, qu’ils soient de rang spéculatif ou d’investissement au premier trimestre. Puis, «la dégradation générale à moyen terme de la qualité de crédit a toutes les chances de s’intensifier au cours des douze à dix-huit mois à venir», estime Moody’s. 

Les indices de dérivés de crédit ont déjà anticipé cette progression du risque de crédit. L’indice iTraxx Crossover qui suit le coût de la protection contre le risque de défaut pour les émetteurs en euro les plus risqués reste supérieur à 1.000 points de base, ce qui reflète un taux de défaut supérieur à 15%. Compte tenu de ce niveau déjà élevé, les membres du «Panel Agefi Crédit» tablent majoritairement pour une stabilité des spreads d’ici un mois. Près de 40% des membres du panel anticipent même une amélioration des marges, contre 23% début janvier. Et ils ne sont plus que 11% à prévoir une évolution négative des marges contre 18% précédemment. 

La duration reste relativement stable à 4,13 ans. La plupart des émissions réalisées en 2009 - 100% des financières et 49% des corporates d’après la recherche crédit de Calyon - portaient en effet sur des maturités inférieures à cinq ans.

A lire aussi