La France réduit ses émissions nettes de dette

le 30/09/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le programme brut à moyen long terme atteindra 186 milliards d'euros en 2011

L’Agence France Trésor émettra l’an prochain 186 milliards de dette à moyen et long terme. Soit deux petits milliards de moins qu’en 2010, en montant brut, mais 16 milliards de moins si l'on raisonne en net des tombées obligataires. Cette stabilisation a été rendue possible par la réduction du déficit, annoncé à 92 milliards l’an prochain, et par une politique de rachats anticipés de lignes arrivant à échéance en 2011, pour environ 16 milliards d’euros. Ceci diminuera d’autant l’effort de refinancement à fournir.

Les rachats anticipés ramènent à 97 milliards les tombées de dette à moyen et long terme attendues en 2011. En net, l’appel au marché sera donc de 89 milliards, contre 105 milliards en 2010, soit une baisse de 15%. «Cette réduction nette de 16 milliards pour la France est à comparer à celle de l’Allemagne, de 8 milliards sur 2011-2010, estime Ciaran O’Hagan, stratégiste taux chez SG CIB. C’est plutôt une bonne nouvelle pour les OAT, mais le focus va maintenant se concentrer sur la crédibilité des mesures budgétaires» qui ont servi à bâtir ce programme. Or, les hypothèses de croissance du gouvernement divisent les économistes.

L’autre point marquant de ce programme 2011 est la stabilisation du stock de bons du Trésor. En 2010 déjà, l’encours de la dette à court terme, qui devait augmenter de 1,7 milliard, se réduira de 14,5 milliards d’euros. A cela deux raisons. La politique de centralisation de la trésorerie des administrations sur le compte unique du Trésor a été renforcée en cours d’année. Et les rachats anticipés viendront notamment diminuer les montants à refinancer le 12 janvier 2011, date d’échéance d’un BTAN 3%. L’encours de cette ligne est passé de 22,4 milliards fin 2009 à 18 milliards fin août. Pour rembourser ce BTAN dans une période où il est moins facile d’émettre, l’Agence France Trésor (AFT) comptait d’abord sur ses réserves en caisse, synonymes d’un encours de BTF en hausse.

Comme l’Allemagne, qui vient d’annoncer une baisse de 43 à 23 milliards d’euros de ses émissions de dette à court terme au dernier trimestre, la France réduit donc sa dépendance aux bons du Trésor. Crise oblige, leur stock n’a cessé de gonfler, de 79 milliards fin 2007 à 206 milliards fin août. Leur part dans l’ensemble de la dette négociable française a bondi de 8,5% à 18,6% de fin 2007 à fin 2009. «Cette proportion devrait retomber à 16,1% en fin d’année, et à 15% fin 2011», estime-t-on à l’AFT.

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