Le FMI prévoit moins de provisions pour les banques

le 21/04/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Fonds pointe en revanche le risque souverain et appelle à un assainissement des finances publiques

La conjoncture s’est améliorée et cela se ressent dans le rapport sur la stabilité financière du Fonds monétaire international (FMI). Dans sa mise à jour d’avril (après celle d’octobre 2009), le Fonds a ramené de 2.809 milliards à 2.276 milliards de dollars son estimation de dépréciations pour le secteur bancaire (voir le graphique). Selon les pointages du FMI, plus des deux tiers de ces dépréciations ont déjà été comptabilisées, laissant entrevoir des écritures nouvelles de quelque 700 milliards de dollars.

Etats-Unis, Royaume-Uni et zone euro contribuent à parts à peu près égales (de 140 à 149 milliards de dollars) à l’abaissement des estimations du FMI. Les trois zones affichent aujourd’hui des expositions respectives de 885, 455 et 665 milliards de dollars.

Deux grands facteurs expliquent la position révisée du FMI. Du côté des prêts accordés par les banques (72% des provisions estimées), le Fonds monétaire met en avant l’amélioration des marchés immobiliers aux Etats-Unis et outre-Manche. Quant aux actifs détenus par les banques, les moindres provisions attendues (629 milliards contre 916 milliards en octobre) proviennent de la remontée des prix grâce à une meilleure liquidité.

L’autre point positif du rapport a trait aux fonds propres. «Les ratios de capital du système bancaire se sont améliorés substantiellement depuis octobre», constate le FMI. Grâce aux fonds levés, les ratios tier one du secteur ont augmenté de 1,1 point en zone euro (9,1%) à 2,3 points au Royaume-Uni (11,5%). Et «les dépréciations projetées sont pour la plupart couvertes par les résultats cumulés du système bancaire».

S’il constate à l’évidence une certaine détente par rapport à octobre dernier, le FMI n’en oublie pas pour autant son sens critique. Parmi les motifs d’inquiétude, il souligne l’hétérogénéité de cette détente: «certains pans des secteurs bancaires nationaux restent faiblement capitalisés et présentent encore des risques considérables de détérioration». Ainsi de certaines banques régionales américaines fortement exposées à l’immobilier. «Douze d’entre elles ont une exposition à l’immobilier commercial qui excède de quatre fois leurs actifs tangibles», note le rapport à titre d’exemple, en ajoutant que sans démarche résolue à leur égard, les établissements les plus fragiles «pourraient obérer la croissance». Il lui apparaît donc essentiel de traiter «sans tarder» les banques les plus en risque afin d’assurer l’existence «d’un ensemble solide d’établissements viables capables d’alimenter le crédit».

Le risque souverain constitue l’autre grande source d’inquiétude du FMI au vu de la dégradation des finances publiques. Certes, les écarts de taux ne se sont récemment creusés que pour les pays les plus vulnérables. Mais le FMI estime que ces tensions «pourraient avoir des effets de débordement transnationaux».

Le rapport en appelle ainsi à des «plans crédibles de rééquilibrage des finances publiques à moyen terme» pour éviter le déclenchement d’une nouvelle crise de crédit. Car dans une période où les marchés sont moins enclins au levier et où les liquidités sont peu à peu retirées avec les stratégies de sortie, «la transmission des risques souverains aux systèmes bancaires et leur propagation par l’économie pourraient menacer la stabilité financière».

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