Les financières ont de plus en plus recours aux dettes non garanties

le 01/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le regain d’appétit des investisseurs et les besoins de refinancement des banques favoriseront les émissions d’obligations au second semestre

Au premier semestre, les banques ont été actives sur le marché de la dette, en émettant des obligations garanties par les Etats en grande majorité. Au total, elles ont placé environ 330 milliards d’euros sur cette période. De juillet à décembre, elles devraient continuer à emprunter auprès des investisseurs, mais sous des formes plus diversifiées compte tenu de l’amélioration du marché. Les segments de dettes se rouvrent en effet progressivement. Celui de la dette hybride s’est par exemple réveillé récemment. Deutsche Bank est parvenue à lever 1,25 milliard d’euros de dettes de la catégorie tier one auprès de particuliers. Société Générale lui a emboîté le pas en émettant pour un milliard d’euros d’obligations tier one qui offrent un coupon de 9,375 %. Pour les analystes crédit de cette même banque, 5 milliards d’euros de dettes subordonnées pourraient encore être émis d’ici la fin d’année.

Au total, 200 à 250 milliards d’euros de dettes financières pourraient être vendues sur le marché au second semestre, d’après la recherche crédit de Barclays Capital. Le volume serait donc inférieur à celui du premier semestre car le volume d’émission est traditionnellement plus faible sur les six derniers mois de l’année, rappellent les stratégistes de la banque. Par ailleurs, les banques pourraient avoir des besoins moins importants, leurs bilans ayant déjà été renforcés et les demandes de prêts de la part des entreprises étant moins importants.

Toutefois, Barclays Capital s’attend à une fin d’année dynamique. D’abord, les banques devront faire face à des remboursements de dettes importants jusqu’en 2010. Par ailleurs, les investisseurs s’intéressent de nouveau aux dettes financières, manisfestant un appétit accru par les rendements offerts par ces titres. La dette senior non garantie devrait prendre une place plus importante, au détriment des obligations soutenues par les Etats. Les emprunts garantis peuvent à présent se révéler plus chers que ceux non garantis, soulignent les stratégistes de Barclays Capital. « Les banques jugeront que les émissions non garanties sont pour elles de plus en plus bon marché », ajoutent-ils. En outre, alors que les dettes garanties ont le plus souvent une maturité maximum de trois ans, les banques peuvent emprunter sur une plus longue période avec des lignes non garanties.

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