« La Fed ne sera pas agressive pour ne pas mettre en péril la reprise économique »

le 22/02/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Gaëlle Malléjac, responsable de la gestion de taux de Groupama AM

L'Agefi: La nervosité sur les spreads des pays périphériques peut-elle se propager aux obligations des Etats plus solides de la zone euro?

Gaëlle Malléjac: L’écartement des spreads des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne, ndlr) ne s’est pas propagé aux pays les plus solides de la zone euro. Ces derniers ont en effet plutôt profité du mouvement de «fuite vers la qualité» induit par le retour de l’aversion pour le risque et les inquiétudes entourant le refinancement de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne essentiellement. Les taux des pays les plus solides, Allemagne, France et Pays-Bas en tête, avaient même notablement baissé en début d’année, bénéficiant d’un report des investisseurs vers les dettes de ces pays. La contagion ne devrait donc pas survenir, sauf si la défiance des investisseurs s’étendait à la pérennité même de la zone euro, entraînant une fuite des capitaux.

Quand la Fed pourrait-elle commencer à drainer les liquidités excédentaires ?

Le programme d’achat de MBS par la Réserve Fédérale n’arrivera à son terme qu’au cours du mois de mars. La Fed pourra alors commencer à drainer des liquidités dans le but de neutraliser les réserves, ou revendre des actifs pour faire baisser la taille de son bilan. Les discours très prudents de Ben Bernanke nous laissent penser que la Fed ne sera pas agressive afin de ne pas mettre en péril la reprise économique. Néanmoins, il serait possible de la voir procéder aux premières opérations de stérilisation des réserves excédentaires au cours du second trimestre 2010 dans une optique de normalisation de la politique monétaire, à l’image de la récente remontée du taux d’escompte.

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