« La faiblesse de l’euro, seule, ne suffira pas à relancer l’économie »

le 14/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Marjorie Sonigo et Florence Mosse-Colin, à la gestion privée de Credit Suisse France

L’Agefi : Quels sont les arguments qui plaident en faveur d’un rebond des marchés en Europe par rapport aux Etats-Unis ?

Marjorie Sonigo et Florence Mosse-Colin : En raison des problèmes d’endettement, le marché européen a récemment été plus affecté que le marché américain. Cependant, les sociétés européennes se caractérisent aujourd’hui par des valorisations très faibles et donc attractives. Aujourd’hui les investisseurs sont focalisés sur les décisions gouvernementales mais un jour viendra où les fondamentaux reprendront le dessus. En effet, les bilans des entreprises sont sains et les résultats probants.

Dans le cas d’un rebond de la zone euro, nous continuons à nous concentrer sur les «méga-tendances»: croissance des marchés émergents, luxe, matières premières, vieillissement de la population, infrastructures…

 

Quel sera l’impact de la baisse de l’euro sur les Bourses européennes ?

Le principal impact est peut-être finalement positif puisque grâce à la hausse du dollar d’environ 13% depuis le début de l’année, les sociétés européennes ont retrouvé un avantage compétitif non négligeable qui leur permettra de continuer à délivrer de bons résultats même si l’environnement macroéconomique reste difficile et manque de visibilité. Cette meilleure compétitivité pourra avoir à terme un impact positif sur la croissance et sur les déficits. Mais il faut être conscient que la faiblesse de l’euro, seule, ne suffira pas à relancer l’économie. Ceci bénéficie malgré tout aux entreprises exportatrices telles que les sociétés du secteur du luxe, un grand nombre de sociétés allemandes, ou même les valeurs industrielles telles que Schneider, Air Liquide…

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