La faiblesse excessive de la livre résulte de la comparaison des politiques monétaires

le 14/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

L'Agefi : L'euro/dollar va-t-il continuer de fluctuer entre 1,40 et 1,45, comme c'est le cas depuis un mois ?

Jean-Louis Mourier : Les évolutions récentes des taux de change, et en particulier de l’euro/dollar, résultent de conventions qui impliquent que le billet vert se déprécie en période d’amélioration de la conjoncture. Le dollar serait, d’abord, un refuge en période d’incertitude. Ensuite, les prix des matières premières étant libellés en dollars, celui-ci devrait baisser quand ces prix augmentent. La faiblesse du billet vert serait aussi le produit d’un écart de conjoncture favorable à l’euro. Le redressement de l’activité serait plus précoce ici que de l’autre côté de l’Atlantique, induisant une plus grande attractivité des actifs européens et un redressement des taux courts plus précoce et plus rapide d’Euroland. Or, les indicateurs récents laissent plutôt supposer un rebond technique de l’activité plus brutal aux Etats-Unis que sur le Vieux Continent. Les premières estimations de croissance au troisième trimestre le mettront en évidence, à partir de la fin du mois d’octobre.

Le niveau de la livre par rapport à l'euro vous semble-t-il trop faible ?

La faiblesse « excessive » de la livre résulte de comparaison des politiques monétaires et des perspectives de politiques monétaires. Or, lorsque les banques centrales jugeront que la situation économique et financière le permet, le renversement de leurs politiques sera plus spectaculaire aux Etats-Unis et en Angleterre que dans la zone euro. Ayant moins baissé ses taux directeurs, la BCE pourra attendre plus longtemps que la situation économique s’améliore avant de les remonter.

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