Les espoirs de reprise aux Etats-Unis se traduisent par une détente des taux longs

le 29/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pascal Gilbert, responsable de la gestion obligataire à La Française des Placements

L'Agefi : Quelles conclusions tirez-vous de la première opération à un an de la BCE ?

Pascal Gilbert : Après avoir tiré les enseignements de la crise du quatrième trimestre 2008, la BCE, en se dotant d’un nouvel instrument de pilotage de sa politique monétaire sur une maturité longue, donne enfin de la visibilité aux banques à la fois en termes de taux et de liquidité. Cette opération devrait entraîner une poursuite de la détente des taux Euribor et exercer une pression à la baisse des rendements à moyen terme de la courbe. Elle répond, dans le même temps, aux critiques qui lui ont été adressées de ne pas avoir suivi la Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre dans leur action de rachat de dettes à long terme en réalisant en quelque sorte une politique de quantitative easing que l’on pourrait qualifier de passive. Les prochaines opérations de ce type, prévues en septembre et décembre, seront l’occasion de connaître le sentiment de la BCE sur l’évolution de la conjoncture

Comment la Fed peut-elle réussir à contenir la remontée des taux longs ? 

Pas certain qu’elle le puisse, mais la vraie question est de savoir si les taux longs vont remonter. Sans risque inflationniste à court terme, le seul véritable risque qui pourrait entraîner une hausse significative des rendements réside dans une perte de confiance en la capacité de l’économie américaine à rebondir durablement. Les espoirs encore à confirmer d’une reprise économique à horizon fin d’année se sont d’ailleurs plutôt traduits par une détente récente des rendements longs, même si chaque nouvel appel du Trésor américain est l’occasion d’une petite tension sur les taux.

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