« Les émissions devraient retrouver un rythme plus soutenu »

le 17/05/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis Asset Management

L’Agefi: les émissions de crédit se sont quasiment arrêtées. Pensez vous qu’elles vont repartir rapidement?

Philippe Berthelot: La dislocation des marchés de dettes souveraines et le doublement de la volatilité implicite des marchés actions (à plus de 40%) ont été antinomiques avec un marché primaire animé. Compte tenu du probable apaisement des craintes, qui découle de la coordination des autorités européennes en plus du FMI, et de l’ampleur du plan récemment annoncé, on devrait assister à un retour progressif des émissions sur un rythme plus soutenu (15 à 20 milliards d'euros par mois).

Quelle va être votre exposition sur la classe d’actifs d’ici à la fin du mois?

La «japonisation» potentielle des économies européennes, c'est-à-dire une croissance anémique combinée à des taux directeurs bas plus longtemps que prévu, est, de facto, un environnement idoine pour la dette obligataire privée. L’effet d’éviction, jadis menaçant pour la classe d’actifs, est plus que mitigé par la monétisation des dettes souveraines via l’achat d’obligations d’Etats par la BCE. Nous anticipons un surcroit pérenne de la volatilité sur l’ensemble des classes d’actifs risquées mais la publication des résultats en hausse de plus de 50% et la baisse continue des défauts nous incite à demeurer positifs à moyen terme sur ce type d’investissement. Toutefois, le statut de «valeur refuge» dont bénéficie l’ensemble de la dette privée face à la dette souveraine nous semble fallacieux; à titre d'exemple, France Télécom a un spread plus serré que celui de l’Etat français sur le marché des CDS à 5 ans: 50 points de base contre 65!

A lire aussi