Les émetteurs refont leur apparition sur le marché du " high yield "

le 09/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En juin, CGG Veritas, Frenesius et IFCO Systems NV ont renforcé des souches obligataires existantes pour un total d’environ 280 millions d’euros

Atone depuis la crise des subprimes, le marché de la dette à haut rendement redonne des signes de vie. En juin, CGG Veritas, Frenesius et IFCO Systems NV sont venus tester le marché primaire du high yield en renforçant chacune des lignes obligataires existantes pour un total d’environ 280 millions d’euros. Au total, 556 millions d’euros ont été émis depuis le début de l’année, contre 1,3 milliard pour l’ensemble de l’année 2008.

Le chemin est encore long pour retrouver les volumes de 2007, qui a atteint les 15,4 milliards d’euros, selon S&P LCD. Mais ce regain d'activité est encourageant. « Les arrangeurs encouragent les émetteurs à profiter de ce qui pourrait être les meilleures des conditions de marché depuis deux ans et les émetteurs semblent y être réceptifs », estime une source relayée par S&P LCD. Actuellement, Wind, VNU, ou encore Ladbrokes figurent dans la liste des noms d’émetteurs potentiels évoqués sur le marché.  

Surtout, le recours au marché est l’occasion pour les entreprises de restructurer leur dette, ce qui est le cas aux Etats-Unis où le redressement du marché est plus marqué. « Depuis début avril, 34 émetteurs ont placé 18,2 milliards de dollars dans le but de réduire ou de remplacer leurs prêts », indique S&P LCD. Outre-Atlantique, les émissions en 2009 s’élèvent à 23,3 milliards de dollars. Côté notations, 59 % d’entre elles viennent d’émetteurs « BB- »,12 % d’émetteurs « BB/B » et 29 % d’émetteurs « B ». 

« En l’absence de nouvelles missions sur le marché des prêts bancaires et vu que les bilans des banques sont tendus, on peut s’attendre à ce que davantage d’émetteurs lancent des émissions et choisissent de rembourser une partie de leur dette », note un banquier. Selon Barclays, pour les entreprises disposant de ressources appropriées, les niveaux de prix actuels des obligations high yield qui avoisinent en Europe les 69 % du pair, constituent une unique opportunité de racheter les obligations à des prix bon marché. En rachetant et annulant de la dette, les entreprises sont capables de réduire leur endettement net et leurs charges d’intérêts, ce qui est positif pour la qualité des bilans. D’ailleurs, hier S&P a relevé la perspective de IFCO Systems NV de « négative » à « stable » suite au refinancement de la structure de sa dette, qui a permis d’améliorer son profil de liquidité.

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