Les émetteurs « high yield » et non notés profitent de la fenêtre de tir

le 16/03/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après Pernod et Renault la semaine dernière, Rallye et Vestas ont émis hier respectivement 500 et 600 millions d'euros de dette

Porté ces dernières semaines par les émissions de dette bancaire, le marché du crédit voit le retour des émissions corporate. Ces sept derniers jours, l'accalmie des marchés a ouvert une fenêtre de tir pour ces dernières, qui ont constitué le tiers de l'activité primaire. La dizaine d’opérations a concerné les secteurs des services aux collectivités, des télécoms, de l’automobile, des boissons et des métaux pour des tailles allant de 500 millions à 1,25 milliard d’euros.

«Les émetteurs, tous secteurs et notations confondus, y compris ceux ayant un accès au crédit moins faciles, ont été confortés la semaine dernière par l’absence de publication d’indicateurs économiques majeurs et du succès de l’émission à 10 ans de la Grèce. Cette fenêtre de tir sur le marché primaire est une bonne nouvelle», indique Virginie Rabaey, directeur activités origination corporate chez Barclays Capital.

D'ailleurs, celle-ci a motivé les émetteurs spéculatifs à tester le marché. Cela a été le cas de Pernod (BB+) et Renault (BB) qui ont émis avec succès 1,2 milliard à 6 ans et 500 millions à 7 ans. Hier, Rallye, qui n'est pas noté mais dont la qualité de crédit est jugée, par certains, inférieure à celle de Casino (BBB-), a émis 500 millions de dette à 6%. Et pour la première fois, Vestas Wind Systems (non noté), société en pleine croissance, a placé 600 millions de dette pour diversifier ses sources de financement.

«Après une période d’accalmie en février, le marché du high yield a repris il y a dix jours avec une émission de 200 millions d’euros par le suédois Stena. Depuis le début de l’année, 8 milliards d’euros d’émissions ont déjà été absorbés en Europe. Les investisseurs attendent 30 à 40 milliards en 2010. Les investisseurs ont mis du cash de côté et n’auront donc aucun problème pour les absorber», précise Thomas Samson, gérant de fonds high yield européen chez Muzinich & Co.

Toutefois, Virginie Rabaey, souligne que cette fenêtre de tir, d'une manière générale, est «sans conviction au vu de la performance en secondaire, le marché restant attentif au contexte macroéconomique international et à l'evolution de la situation des émetteurs souverains». La semaine passée, l'indice de dérivé de crédit Crossover a touché un plancher de 409 pb. Il se traitait hier à 427 pb. L'indice Merrill Lynch B/BB Corporates progresse quant à lui de 5% cette année.

A lire aussi