« Le dollar/yen devrait rester dans un corridor assez étroit »

le 11/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Laurence Boone, chef économiste France de Barclays Capital

L'Agefi : Vous voyez l’euro/dollar à 1,25 d’ici à 3 mois. Quels seraient les facteurs soutenant votre scénario de nette correction de la monnaie unique?

Laurence Boone: A moyen terme, les fondamentaux déterminant l’évolution du change sont les taux d’intérêt, le différentiel de productivité et le différentiel de besoin de financement. A court terme, les mouvements sont dominés par l’aversion pour le risque. L’évolution des taux d’intérêt, ou plutôt le différentiel d’orientation de la politique monétaire risque de jouer en faveur de la BCE, le biais sur la Fed étant en direction de plus d’assouplissement. Le différentiel de productivité lui irait plutôt en faveur du dollar. Quant au différentiel de besoin de financement, il serait quasi nul. Au total, des perspectives de moyen terme plutôt mixtes. Mais le court terme joue en faveur de l’euro: à un horizon de 3 mois, nous pensons que les craintes sur la dette souveraine seront apaisées, et les fonds qui auront fui une crise de la dette souveraine en zone euro vers les Etats-Unis, reviendraient.

Le yen peut-il continuer à s’apprécier face au billet vert sous le seuil psychologique des 82 yens par dollar ces prochains mois ?

Les autorités japonaises ont montré, en intervenant sur le marché des changes, qu’elles se tenaient prêtes à combattre un ralentissement de la croissance et à lutter contre une éventuelle période de déflation. Comme l’utilisation de l’arme budgétaire est nécessairement contrainte, les interventions risquent de se renouveler. En même temps, si les possibilités d’appréciation du yen sont limitées par cette possibilité d’intervention, le risque de dépréciation est également limité par l’orientation de politique monétaire de la Fed. Au total, le dollar/yen devrait rester dans un corridor assez étroit.

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