Le dollar est la principale devise de financement des carry trades" devant le yen "

le 21/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank

L’Agefi : La hausse de l’euro/dollar va-t-elle se poursuivre ces prochains mois ?

Valérie Perez : Très certainement. Les taux du dollar sont à présent les plus bas des pays du G20, et le billet vert est la principale devise de financement des « carry trades » devant le yen, ce qui pousse les investisseurs à vendre le dollar contre des devises à rendement plus élevé. Par ailleurs, les remises en cause répétées du dollar comme devise de référence par des pays comme la Chine, le Brésil ou la Russie, ne vont pas manquer de ternir son attrait. Enfin, Ben Bernanke, l’actuel patron de la Fed, est connu comme étant l’un des plus éminents analystes de la crise de 1929. Dans son essai sur les causes et remèdes à cette crise, il explique que les Etats-Unis avaient à cette époque agi en cinq étapes : ramener les taux directeurs à zéro, les maintenir à ce niveau pendant une période prolongée, procéder à des mesures d’assouplissement quantitatif (achat d’obligations et d’actions par la Fed), ouvrir les guichets de liquidité aux banques… puis dévaluer leur devise. Nous en sommes aujourd’hui à l’étape 4. Nul doute que le tandem Bernanke-Obama ne sera pas traumatisé de continuer à avoir une devise faible. 

Vous attendiez jusqu'ici un euro/livre à 0,83 à horizon 6 mois. Cette hypothèse reste-t-elle valable ?

Nous avons très récemment réajusté nos previsions sur la parite euro/livre. Nous prevoyons désormais au mieux une stabilité de la livre jusqu’à 0,87, voire une légère poursuite de la baisse jusqu’à 0,92. La rhétorique accommodante de la Banque d’Angleterre devrait neutraliser les récents bons chiffres d’activité au Royaume-Uni et pointe vers une légère baisse de la livre contre l'euro.

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