La demande pour l’opération de refi à un an pourrait atteindre 80 à 100 milliards d’euros

le 28/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Eric Vergnaud, responsable économies OCDE chez BNP Paribas

L'Agefi : La prochaine opération de refi à un an de la BCE suscitera-t-elle autant de demande que celle de juin ?

Eric Vergnaud : Compte tenu des niveaux de liquidités pour les prochains mois, une demande entre 80 et 100 milliards d'euros devrait être suffisante pour satisfaire des besoins proches de 600 milliards sur la même période. Cette demande, très inférieure à celle servie en juin dernier (442 milliards), doit aussi être jugée au regard des taux de marché. L’Euribor à un an, supérieur à 1,55 % en juin est revenu à 1,25 %, et l’Eonia à un an a suivi une trajectoire similaire. Les établissements devraient donc être moins incités qu’en juin à demander des montants importants. Toutefois, l’incertitude sur le taux qui sera retenu en décembre par la BCE pour la dernière opération à un an pourrait avoir une incidence inverse. 

Quels sont les enseignements de la dernière réunion de la Fed ? 

Le FOMC, tout en reconnaissant implicitement la fin de la récession, estime que la reprise sera fragile, justifiant des Fed funds exceptionnellement bas durant « une période prolongée ». Les rachats de MBS et de titres d’agences n’ont pas été étendus, mais, au moins pour les premiers, seront réalisés en totalité. Leur date de clôture a été repoussée de trois mois, à mars 2010, ce qui, avec le ralentissement du rythme des achats, favorisera une transition harmonieuse sur les marchés. La Fed garde la possibilité de durcir les conditions monétaires au cours de 2010, sans relever ses taux directeurs, par l’arrêt progressif des facilités de financement et des rachats d’actifs, et la réduction graduelle des liquidités excédentaires.

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