La demande pour la dette française s'internationalise

le 19/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Fin 2008, près de 66 % de la dette négociable était détenue par les non-résidents, contre 60 % en 2007

Malgré la crise, la dette française a réussi à attirer davantage d’investisseurs étrangers. Dans son bulletin d’avril, l’Agence France Trésor (AFT) indique que les non-résidents détenaient à fin 2008 presque 66 % des titres de la dette négociable de l’Etat français, contre 60 % au printemps 2007. Au dernier trimestre 2008, la Banque de France a chiffré la détention des Obligations assimilables du Trésor (OAT) par des étrangers à 59 %, contre 21 % pour les assurances et 14 % pour les établissements de crédit locaux.

Les investisseurs européens, hors France mais Royaume-Uni inclus, ont acheté l'équivalent de 274 milliards d'euros de dette française en 2008, contre 177 milliards en 2007 et 170 milliards en 2006. Mais l'aspect plus international de la demande s'explique aussi par un regain d'appétit de la part des banques centrales et fonds souverains d’Asie et du Moyen-Orient particulièrement friands des papiers les mieux notés et les plus liquides.

Selon l’AFT, les investisseurs asiatiques (privés et banques centrales), deuxième source de financement, ont acheté en 2008 près de 67,1 milliards d'euros de titres français, toutes catégories confondues, après 41,6 milliards en 2007 et 22,5 milliards en 2006. Ils sont devenus depuis 2006 acheteurs nets d'obligations françaises. En achetant l'équivalent de 36,6 milliards d'euros de titres obligataires l’année passée, les investissements asiatiques ont compté pour 32 % des émissions de la période en valeur nominale, soit 115,5 milliards d’euros. Les asiatiques ont aussi investi dans les bons du Trésor à taux fixes (BTF) et ceux à intérêts annuels (BTAN). 

Afin d’optimiser son coût de financement, l’AFT a constamment joué la carte de la flexibilité en répondant à la demande des investisseurs y compris en 2009. Ce qui a permis de stabiliser les ratios de couverture (montant demandé sur montant alloué) de ses adjudications dans la fourchette d’avant-crise de 2 à 3 fois. Mais depuis janvier, les titres à long terme (10 ans et plus) se démarquent. Bien qu’ils soient plus volatils que les titres courts, leurs ratios de couverture sont ressortis élevés avec une plus forte présence des fonds de pension étrangers qu'au pire de la crise. « Cette tendance indique que le marché est en train de se normaliser », précise un observateur.

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