Delta Lloyd débloque le marché des RMBS néerlandais

le 02/12/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

832 millions d’euros de titres « prime » ont été proposés hier aux investisseurs. La tranche A1 de 189 millions a été sursouscrite 5,7 fois

Insensible au risque Dubaï, le marché de la titrisation renaît de ses cendres. Après les émissions de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) de Lloyds et de Nationwide, la société de services financiers hollandaise Delta Lloyd (groupe Aviva) a placé hier 900 millions de RMBS, via son véhicule Arena. Les prêts sous-jacents sont originés par sa filiale Amstelhuys.

Sur ce montant, 832,5 millions d’euros de tranches ont été proposés aux investisseurs; le solde ayant été retenu par l’émetteur. La valorisation de l'opération aura lieu cette semaine. La prime à l’émission est prévue à environ 120 pb pour la tranche A1 de 189 millions d’euros, qui porte sur des actifs d’une durée de vie moyenne de 2 ans, contre 150 pb pour la tranche A2 de 643,5 millions, qui, elle, porte sur des actifs d’une durée de vie moyenne de 5 ans. Natixis, Rabobank et RBS ont organisé cette transaction qui ne comporte pas, contrairement à celles de Lloyds et Nationwide, d’option de vente (put). Selon une source de marché, les tranches A1 et A2 ont été respectivement sursouscrites près de 5,7 et 2,6 fois.

Il s’agit de la première émission de RMBS néerlandais de qualité élevée depuis celle de 700 millions d’euros d'Eurosail (Lehman Brothers) courant 2007. Son succès annoncé est de bon augure d'autant plus qu'il concerne un segment non négligeable. Selon l’équipe ABS & CDO de Natixis, au deuxième trimestre 2007, les Pays-Bas, à l’instar de l’Italie, avaient émis 6% des RMBS en zone euro, contre 16% pour l’Espagne et 36% pour le Royaume-Uni.

Si certains émetteurs sont désormais prêts à revenir tester le marché primaire, beaucoup d’entre eux retiennent à leur bilan les titrisations pour profiter du système de repo de la BCE. La récente décision de l'institution d'exiger à partir de mars 2010 au minimum deux notations pour les nouvelles titrisations mises en pension s’est traduite par l’émission de 15,1 milliards d’euros de transactions retenues. Sept des huit titrisations ainsi placées ne bénéficiaient que d’une seule notation. Parmi elles figurent deux RMBS italiens et un RMBS néerlandais.

En 2009, les émetteurs hollandais ont largement utilisé la technique de rétention des tranches. Selon UniCredit, cette année, près de 33 milliards d’euros de RMBS néerlandais ont été retenus, contre 50,7 milliards pour les RMBS italiens et 42,1 milliards pour le Royaume-Uni.

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