La dégradation du marché espagnol des RMBS s’accélère

le 18/03/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les tranches «AAA» des séries de RMBS émises par le spécialiste du crédit immobilier UCI n'ont pas été épargnées par les dégradations des notations

Frappée de plein fouet par la crise immobilière, l'Espagne en pleine récession économique est devenue un terrain miné pour les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS). Le contexte actuel de chute des prix des habitations (-3,20% au dernier trimestre 2008, contre + 4,20% un an plus tôt) assorti à la hausse du chômage, ont pris à la gorge les détenteurs de prêts immobiliers. Du coup, Moody’s a pointé une dégradation du portefeuille de 148,4 milliards d’euros de RMBS que l’agence couvre et note. Selon cette dernière, les défaillances de plus de 60 jours, qui pesaient 1,96% du portefeuille de prêts sous-jacents au troisième trimestre, ont atteint les 2,64% du panier d’actifs au dernier trimestre. Au-delà des 90 jours, le poids des défaillances s’établissait à 1,68% sur la période octobre/décembre 2008, contre 1,20% sur la période précédente. 

Surtout, les titrisations les plus solides ne résistent désormais plus au contexte économique actuel. La semaine dernière, Fitch a de son côté dégradé 18 tranches de plusieurs RMBS émis par le spécialiste du crédit immobilier espagnol UCI, y compris les tranches «AAA». Une décision justifiée par un bond inattendu des taux d’arriérés à plus de 90 jours. Selon l’agence, ce taux atteignait 9,09% et 11,3% pour les titrisations UCI 14 et 16. Des records pour des transactions espagnoles. 

Mais le contexte actuel de déclin des prix immobiliers affectent tout particulièrement la performance des RMBS les plus jeunes, notamment en érodant leur coussin de fonds propres. Dans les titrisations UCI 15, 16 et 17, les fonds de réserves ont été tirés respectivement à hauteur de 3,63%, 12,96% et 6,69% de leur objectif afin de faire face aux arriérés de plus de 18 mois. S’inquiétant de la rapidité des saisies et des cessions de propriétés par le gestionnaire des prêts (servicer) au vu de la détérioration du marché immobilier espagnol, Fitch s’attend à une chute de 20% des prix des maisons entre leur pic et leur niveau plancher. Ce qui ne soutient pas l’idée d’un redressement à court terme de la performance des RMBS espagnols. D’ailleurs, sur les marchés cash, les spreads des tranches «AAA», «A» et «BBB» la semaine dernière se sont fortement écartés, flirtant respectivement avec les 3.900, 2.000 et 670 points de base. Des niveaux records qui dépassent même ceux observés sur les RMBS britanniques.

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