Le dégel des flux de capitaux au cours du premier trimestre a stoppé la hausse du yen

le 29/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sylvain Broyer, économiste chez Natixis

L’Agefi : Un retour de l’aversion pour le risque pourrait-il faire fléchir l’euro/dollar à court terme ?

Sylvain Broyer : Depuis un an il est vrai, l’aversion des marchés financiers pour le risque, est défavorable à l’euro ; et inversement. On peut le lire de sa corrélation inverse avec l’indice de volatilité, VIX. Mais il serait hâtif d’en tirer une orientation pour le futur, car cette relation est très instable dans le temps. La corrélation n’est inverse qu’en période de crise (-0,8 en 1997, 2003, 2008). Elle est positive en période d’accélération conjoncturelle (+0,9 fin 1998) et nulle ou faiblement positive en phase de cycle haut (0 en 2000, 2006-2007). Bien sûr la crise n’est pas finie, mais le rebond de la croissance dont on fait l’expérience aujourd’hui durera encore six mois : le temps de la désinflation et des plans de relance. Un affaiblissement de l’euro par l’aversion pour le risque ne devrait donc s’observer que si les facteurs de risque concernent directement la zone euro : dévaluation dans les Etats baltes, crise souveraine en Irlande, etc. Si l’épicentre devait se situer en revanche au Royaume-Uni, l’euro en tirerait bénéfice.

Le yen fait-il toujours office de valeur refuge ?

Ce n’est pas le sentiment de refuge qui anime le yen. Son appréciation de 20 % depuis le début de la crise est liée au débouclage des positions spéculatives, le très faible niveau des taux d’intérêt domestiques en ayant fait une devise d’emprunt. Le dégel des flux de capitaux au cours du premier trimestre a d’ailleurs stoppé l’appréciation du yen. Une bonne chose, car elle a fait sombrer le Japon dans la dépression, ses exportations reculant de 26 % au premier trimestre.

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