La déflation est un risque qui impose le principe de précaution

le 16/03/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Henri Delessy, économiste à La Banque Postale

L’Agefi : Le risque de déflation doit-il être davantage pris en compte par la BCE ?

Henri Delessy : La Banque centrale européenne est consciente de ce risque même si elle en parle peu, très soucieuse de ne pas alimenter des anticipations négatives (et fidèle à sa communication verrouillée). En outre, elle compte sur les autres mesures de politique économique (relances budgétaires, recapitalisation des banques…) pour protéger la zone euro de la déflation, et aussi sur l’inertie à la baisse des prix et des salaires. De fait, même au Japon où les salaires sont flexibles à la baisse à cause d’une part variable importante, il a fallu cinq ans pour entrer en déflation après le krach boursier et immobilier de 1990. Mais la crise nippone était isolée. La crise actuelle, devenue mondiale, amplifie les pressions baissières sur les prix. Au total, la déflation est un risque peut-être limité mais qui, par sa gravité, impose le principe de précaution -c’est la position de la Fed et du Fonds monétaire international. Ce qui conduira probablement la BCE à une nouvelle baisse du refi, à 1 %, et peut-être à des achats directs de titres à côté des habituelles prises en pension.

La Banque d'Angleterre peut-elle encore baisser ses taux directeurs ?

Avec un taux de base réduit à 0,5 %, la BoE a maintenant d’autres priorités. A l’instar de la Fed, elle se concentre désormais sur une politique monétaire quantitative et non conventionnelle qui vise à soutenir le crédit par des achats directs et massifs de titres de créances (y compris des obligations d’Etat), financés principalement par création monétaire.

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