Le déblocage du marché monétaire reste un travail de longue haleine

le 05/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le spread taux Libor 3 mois-taux directeurs a été divisé par deux aux Etats-Unis et outre-Manche, et par trois en Europe depuis octobre

Les baisses de taux des banques centrales entamées il y a trois mois et les mesures de liquidités associées ont insufflé un peu de confiance au marché monétaire. Les spreads à 3 mois Libor contre taux directeurs, qui mesurent le degré de confiance entre banques à se prêter mutuellement de l'argent, ont nettement reflué depuis début octobre. Outre-Atlantique et outre-Manche, ils ont été réduits de moitié à 116 et 70 points de base (pb) vendredi. En Europe, l’écart de taux a été divisé par trois à 34 pb. Sur la partie à très court terme déjà en phase de normalisation, les taux Libor au jour le jour, en dollar et en euro, ont été publiés le 2 janvier de 12 et 32 pb en dessous respectivement des taux de la Fed et de la BCE. Celui en sterling s’est aligné avec les 2% des taux britanniques.

Mais cette accalmie n’est que pure illusion. En témoignent les 230 milliards d'euros de dépôts et les 1,82 milliards d’emprunts journaliers effectués le 29 décembre par les banques auprès de la BCE. Et le tassement de la croissance du crédit et de la masse monétaire en novembre ne fait que conforter ce retour de confiance en trompe-l’œil. 

D’ailleurs, la banque centrale ne contente pas de la baisse des spreads. Bien au contraire. Celle-ci continue de rendre ses facilités de moins en moins attractives afin de relancer l’activité du crédit interbancaire. De fait, elle a déjà prévenu qu'elle augmenterait à 100 pb son corridor de facilités à partir du 21 janvier, contre 50 actuellement. Un statu quo monétaire le 15 janvier à 2,50% ramènerait ainsi le taux du dépôt de la BCE à 1,5% et celui de l'emprunt à 3,5%.

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